Histoire
L'établissement voit le jour en 1965 sous le nom d'École du meuble et du bois ouvré. Sa création répond à une demande d'entreprises de la région de Victoriaville, qui cherchent alors à disposer d'une main-d'œuvre qualifiée pour leurs ateliers et leurs usines. La Ville de Victoriaville rattache cette fondation à l'histoire industrielle locale, marquée par l'exploitation des ressources forestières et par le développement d'une industrie du meuble importante dans les Bois-Francs.
En 1970, l'école est intégrée au Cégep de Victoriaville, établissement d'enseignement collégial public issu de la création du réseau des cégeps à la fin des années 1960. Depuis, elle fonctionne comme une composante spécialisée du cégep, tout en conservant une identité propre sous l'appellation d'« école nationale ».
Au fil des décennies, l'offre de formation s'élargit de la fabrication de meubles à l'ébénisterie architecturale, à la finition et au rembourrage, de manière à couvrir les principaux métiers de la transformation du bois et de l'ameublement. L'établissement prend ensuite le nom d'École nationale du meuble et de l'ébénisterie, sous lequel il est désigné aujourd'hui.
Statut et rattachement
L'ENME n'est pas une personne morale distincte : elle relève du Cégep de Victoriaville, collège d'enseignement général et professionnel régi par la Loi sur les collèges d'enseignement général et professionnel. Elle est donc placée, comme l'ensemble du réseau collégial public, sous l'autorité du ministère québécois responsable de l'enseignement supérieur.
L'expression « école nationale » désigne, dans l'usage québécois consigné par l'Office québécois de la langue française, un établissement à vocation spécialisée dont la mission de formation dépasse le cadre régional. L'ENME figure ainsi parmi les écoles nationales présentées de façon regroupée par le réseau des écoles nationales du Québec, aux côtés d'autres établissements collégiaux spécialisés.
Sur le plan administratif, l'école est située à Victoriaville, ville de la municipalité régionale de comté d'Arthabaska, dans la région administrative du Centre-du-Québec. Le Centre d'information canadien sur les diplômes internationaux lui consacre un profil d'établissement distinct de celui du Cégep de Victoriaville, ce qui reflète son identité institutionnelle particulière au sein du réseau collégial.
Programmes de formation
L'ENME offre des formations relevant de deux ordres d'enseignement, ce qui est peu courant pour un établissement collégial, la formation professionnelle étant habituellement donnée par les centres de services scolaires.
Formation professionnelle
Les diplômes d'études professionnelles (DEP) affichés par le Cégep de Victoriaville sont les suivants :
| Programme | Durée |
|---|---|
| Ébénisterie | 1 650 heures |
| Finition de mobiliers et d'unités architecturales | 840 heures |
| Rembourrage | 900 heures |
Formation collégiale technique
Le diplôme d'études collégiales (DEC) en Techniques du meuble et d'ébénisterie est un programme de trois ans. Il comporte un stage en entreprise et peut, selon l'offre, intégrer des stages en alternance travail-études. Le programme prépare à des fonctions techniques liées à la conception, à la planification de la production et à la fabrication de mobilier et d'éléments d'ébénisterie architecturale.
Formation continue
L'école propose également des activités de formation continue destinées aux personnes en emploi et aux entreprises du secteur, en complément des programmes menant à un diplôme.
Campus et installations
Le campus de Victoriaville est situé au 765, rue Notre-Dame Est. Il regroupe les ateliers et les locaux nécessaires aux formations pratiques en ébénisterie, en finition et en rembourrage, ainsi qu'à l'enseignement technique du programme collégial.
La formation dans ces métiers repose en grande partie sur l'apprentissage en atelier : usinage du bois, assemblage, application de produits de finition et travail des garnitures. Les installations sont conçues pour reproduire les conditions de travail de l'industrie, depuis l'atelier artisanal jusqu'à la production manufacturière.
L'ENME a également été présente à Montréal. Un document diffusé en 2024 par le ministère québécois responsable de l'enseignement supérieur, en réponse à une demande d'accès à l'information, fait état d'un « Campus Montréal » de l'École nationale du meuble et de l'ébénisterie et porte sur les investissements, les équipements et l'édifice de ce campus. Ce volet montréalais s'inscrit dans une filiation avec l'ancienne École du meuble de Montréal, établissement distinct dont l'histoire remonte à la première moitié du XXe siècle.
Liens avec l'industrie
Dès sa fondation, l'école entretient un lien étroit avec les entreprises du meuble et de la transformation du bois, puisqu'elle est créée à leur demande pour combler des besoins de main-d'œuvre. Cette orientation demeure au cœur de sa mission, que l'établissement présente comme celle d'une école nationale connectée à l'industrie.
Ce rapprochement se traduit notamment par :
- les stages en entreprise intégrés au DEC en Techniques du meuble et d'ébénisterie ;
- la possibilité de stages en alternance travail-études ;
- une offre de formation continue adaptée aux besoins des employeurs du secteur.
Le Cégep de Victoriaville compte le meuble et l'ébénisterie parmi ses créneaux d'expertise présentés aux entreprises. L'ancrage régional reste marqué : Victoriaville et les Bois-Francs constituent historiquement l'un des pôles de l'industrie québécoise du meuble, un héritage que la Ville met en valeur dans son parcours patrimonial consacré à cette industrie.
Place dans le réseau québécois
Dans le système scolaire québécois, l'ENME occupe une position particulière à la jonction de la formation professionnelle du secondaire et de la formation technique collégiale. Les DEP qu'elle offre relèvent des programmes officiels de la formation professionnelle, tandis que son DEC appartient à la formation technique de l'enseignement collégial.
Cette double offre permet aux personnes inscrites de choisir entre une formation centrée sur l'exécution d'un métier (ébéniste, finisseur, rembourreur) et une formation technique davantage orientée vers la conception, l'organisation de la production et la supervision. Elle facilite aussi la poursuite d'un parcours d'un ordre d'enseignement à l'autre dans un même domaine.
Son statut d'école nationale lui confère un recrutement qui déborde la seule région du Centre-du-Québec. L'établissement constitue ainsi l'un des principaux lieux de formation spécialisée dans les métiers du meuble au Québec, dans un secteur où l'offre de formation est concentrée dans un petit nombre d'établissements.