Histoire
Fondation (1973)
Le collectif est fondé à Québec en 1973 par trois jeunes femmes, Helen Doyle, Nicole Giguère et Hélène Roy. Il porte d'abord le nom de « La Femme et le film » avant d'adopter celui de Vidéo Femmes. Sa création s'inscrit dans le contexte de la diversification des mobilisations féministes au Québec entre 1965 et 1989, période au cours de laquelle les femmes investissent de nouveaux moyens d'expression pour faire valoir leurs revendications.
L'apparition de la vidéo légère, au tournant des années 1970, offre alors un outil de tournage plus accessible et moins coûteux que la pellicule. Le collectif s'en saisit pour documenter la condition des femmes et produire des œuvres réalisées par elles, à l'extérieur des grandes institutions de production.
Développement
Au fil des décennies, Vidéo Femmes élargit ses activités : réalisation d'œuvres, distribution, formation et diffusion. Il organise également, de la fin des années 1970 à la fin des années 1980, un festival consacré aux films et aux vidéos de femmes.
Fusion (2015)
En 2015, Vidéo Femmes fusionne avec Spirafilm, organisme de la ville de Québec consacré au cinéma indépendant, qui prend ensuite le nom de Spira. Cette fusion met fin à l'existence autonome du collectif, après plus de quarante ans d'activité.
Activités
Vidéo Femmes réunit sous un même toit plusieurs fonctions complémentaires de la chaîne audiovisuelle.
- Production : le collectif réalise et produit des films et des vidéos signés par des femmes, souvent consacrés à des enjeux sociaux et féministes.
- Distribution : il diffuse un catalogue d'œuvres de femmes auprès de divers publics, notamment les groupes communautaires, les milieux de l'éducation et les réseaux féministes.
- Formation : il offre des ateliers de formation à la vidéo destinés aux femmes, afin de favoriser leur appropriation des outils techniques de création.
- Diffusion régionale : il mène des initiatives de diffusion hors des grands centres, ce qui contribue à faire circuler les œuvres dans différentes régions du Québec.
Cette combinaison d'activités fait du collectif un lieu de création, d'apprentissage et de mise en circulation des œuvres, ancré dans la ville de Québec, dans la région administrative de la Capitale-Nationale. Les recherches historiques soulignent que son action a contribué à faire émerger des pratiques vidéographiques féministes dans la capitale, un milieu souvent éclipsé par celui de Montréal dans l'histoire du cinéma et de la vidéo au Québec.
Festival des filles de vues
Vidéo Femmes organise un festival de films et de vidéos réalisés par des femmes, connu sous le nom de Festival des filles de vues. Les sources situent l'activité de ce festival entre 1977 et 1988.
L'événement offre une vitrine aux œuvres de réalisatrices québécoises et d'ailleurs, à une époque où les femmes demeurent minoritaires parmi les cinéastes. Il permet aussi au public de la région de Québec de découvrir des productions indépendantes et militantes qui circulent peu dans les salles commerciales.
Les sources divergent toutefois sur certains détails de la dénomination du festival et de ses premières éditions, de sorte que son nom d'origine et la chronologie exacte de ses débuts restent à préciser.
Fonds d'archives
Le fonds de Vidéo Femmes est conservé à la Cinémathèque québécoise, à Montréal. Il a été donné à l'institution par Spira en mars 2022.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Institution de conservation | Cinémathèque québécoise |
| Donateur | Spira |
| Date du don | mars 2022 |
| Nombre de titres | 350 |
| Période de production | 1973 à 2014 |
La Cinémathèque québécoise a consacré au collectif un dossier en ligne intitulé « Vidéo Femmes : fragments d'un héritage féministe (1973-1993) », qui retrace notamment les premières années du groupe, de 1973 à 1980.
Ce fonds constitue une source documentaire de premier plan pour l'étude de l'histoire du cinéma et de la vidéo féministes au Québec. Il rassemble des œuvres produites sur une quarantaine d'années et témoigne de l'évolution des préoccupations, des formes et des techniques de la création audiovisuelle des femmes. Le centre de documentation Artexte répertorie également de la documentation relative au collectif.
Place dans l'histoire du cinéma québécois
Vidéo Femmes figure parmi les premiers regroupements québécois voués spécifiquement à la création audiovisuelle des femmes. Son activité couvre une période allant de l'éveil du mouvement vidéo militant des années 1970 jusqu'au milieu des années 2010.
La chercheuse Julia Minne a consacré au collectif un article intitulé « Écrire l'histoire des pratiques féministes en vidéo légère : l'exemple du collectif Vidéo Femmes (1973-2015) », paru en 2019 dans le numéro 20 de la revue Nouvelles vues, intitulé « Femmes et cinéma québécois II : 35 ans plus tard ». Cette étude aborde le collectif dans une perspective historiographique et rappelle que les pratiques développées à Québec sont moins documentées que celles de Montréal.
Le collectif est également présent dans les ressources consacrées à l'histoire des femmes au Québec, qui le rattachent à la diversification des mobilisations féministes pour l'égalité entre 1965 et 1989. Le don du fonds à la Cinémathèque québécoise en 2022 et la publication de travaux universitaires témoignent d'un intérêt renouvelé pour cet héritage.