Situation et configuration
L'archipel occupe la partie sud du golfe du Saint-Laurent, au large de la péninsule gaspésienne et au nord de l'Île-du-Prince-Édouard. Il s'allonge selon un axe sud-ouest–nord-est. Selon la Commission de toponymie du Québec, il compte une douzaine d'îles.
Les îles principales sont, du sud-ouest au nord-est :
- l'île du Havre Aubert ;
- l'île du Cap aux Meules ;
- l'île du Havre aux Maisons ;
- la Pointe aux Loups ;
- la Grosse Île ;
- l'île de la Grande Entrée.
Ces îles sont réunies par des tombolos et des cordons sableux qui forment une chaîne terrestre presque continue. L'île d'Entrée, à l'est de l'île du Havre Aubert, n'est pas reliée à ce réseau. Plus au nord-est se trouvent l'île Brion et les rochers aux Oiseaux, isolés en mer.
Les superficies publiées varient selon le périmètre retenu. Le gouvernement du Québec attribue 187,4 km² à la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine, tandis que Statistique Canada présente une écorégion insulaire de 230 km². Ces chiffres ne correspondent pas nécessairement au même territoire géographique.
Géologie et relief
Le relief de l'archipel est lié à une géologie particulière. Les rapports géologiques du gouvernement du Québec décrivent plusieurs ensembles :
- des roches sédimentaires, dont les grès rouges qui forment une grande partie des falaises côtières ;
- des roches volcaniques, qui composent les buttes et les collines de l'intérieur des îles ;
- des formations salifères, associées à des dômes de sel profonds ;
- des dépôts récents, notamment les sables des dunes et des cordons littoraux.
La montée des dômes de sel a soulevé et déformé les roches qui les recouvrent. Ce phénomène explique la présence de reliefs isolés au milieu des îles. Le sel est exploité par une mine souterraine située à Grande-Entrée.
Les falaises de grès sont soumises à l'action des vagues, du gel et des tempêtes. Elles présentent des arches, des grottes et des caps découpés. Entre les noyaux rocheux, les dunes et les cordons littoraux déterminent la forme d'ensemble de l'archipel. Ces formations meubles évoluent sous l'effet des courants et du vent, ce qui rend la configuration des îles sensible à l'érosion côtière.
Milieux littoraux et hydrographie
Le paysage madelinot se compose surtout de plages, de dunes et de lagunes. Les cordons dunaires isolent des plans d'eau saumâtre peu profonds, dont les principaux sont :
- la lagune du Havre aux Maisons ;
- la lagune de la Grande Entrée ;
- le bassin du Havre aux Basques.
Ces lagunes communiquent avec le golfe par des goulets et accueillent des herbiers, des marais salés et des zones de production de mollusques.
L'archipel ne compte pas de grand cours d'eau. Il n'est pas raccordé au continent pour son approvisionnement en eau, qui dépend des nappes phréatiques logées dans les grès. Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement a étudié leur vulnérabilité, en particulier le risque d'intrusion d'eau salée lié au pompage et à la faible épaisseur de la lentille d'eau douce.
Climat et écologie
L'archipel connaît un climat maritime fortement influencé par le golfe du Saint-Laurent. La mer atténue les écarts de température, retarde le printemps et prolonge l'automne. Les vents sont fréquents et soutenus. En hiver, les glaces de mer entourent généralement les îles.
Statistique Canada décrit l'archipel comme une écorégion insulaire isolée du golfe. Les données de l'écorégion publiées en 2011 donnent l'occupation du sol suivante :
| Type de couverture | Part du territoire (données publiées en 2011) |
|---|---|
| Forêts | 31 % |
| Plages, dunes et autres terres exposées | 20 % |
| Terres aménagées | 2 % |
Les forêts, souvent basses et rabougries par le vent, alternent avec des landes et des prairies. Les falaises et les îlots servent de sites de nidification à des oiseaux marins. L'île Brion est protégée par la réserve écologique de l'Île-Brion. Les rochers aux Oiseaux constituent un refuge d'oiseaux migrateurs. Les glaces du golfe accueillent, à la fin de l'hiver, la mise bas du phoque du Groenland.
Toponymie
La Commission de toponymie du Québec officialise le nom « Îles de la Madeleine » pour l'archipel. Elle utilise la forme reliée par des traits d'union, « Les Îles-de-la-Madeleine », pour la municipalité et la circonscription électorale.
Le nom de l'archipel est traditionnellement associé à Madeleine Fontaine, épouse de François Doublet, qui obtient une concession de ces îles au XVIIe siècle. Jacques Cartier passe dans les parages en 1534. On lui attribue le nom de l'île Brion, donné en l'honneur de Philippe de Chabot, seigneur de Brion. Les Micmacs désignaient l'archipel par le nom « Menagoesenog », souvent traduit par « îles balayées par les vagues ».
La toponymie locale reflète la double présence francophone et anglophone. On y trouve des noms comme Havre-Aubert, Cap-aux-Meules ou Fatima, et d'autres comme Old Harry ou Big Hill, notamment à la Grosse Île et à l'île d'Entrée.
Occupation du territoire
Le peuplement permanent d'origine européenne se développe dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Il est surtout le fait de familles acadiennes, auxquelles s'ajoutent des familles d'origine britannique installées principalement à la Grosse Île et à l'île d'Entrée. Rattaché d'abord à Terre-Neuve après 1763, l'archipel passe à la province de Québec en 1774.
L'habitat est dispersé le long des routes et des côtes, plutôt que groupé en villages compacts. Cette forme d'occupation a été décrite dès les années 1950 par les études de géographie. Une route principale relie les îles reliées par les dunes.
Sur le plan administratif, l'archipel appartient à la région de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (région 11). Il compte deux municipalités, Les Îles-de-la-Madeleine et Grosse-Île, regroupées au sein de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine. Il forme aussi une circonscription électorale provinciale distincte.
L'économie repose sur la pêche, notamment celle du homard, sur la transformation des produits marins, sur l'extraction du sel et sur le tourisme. L'accès se fait par traversier, depuis l'Île-du-Prince-Édouard, et par l'aéroport situé à Havre-aux-Maisons.