Toponymie
Le nom Ungava est d'origine inuite, mais son origine et son sens exact demeurent incertains selon la Commission de toponymie du Québec, qui rapporte plusieurs interprétations proposées sans en retenir une comme certaine.
L'appellation a connu une évolution importante de son extension. Elle désignait autrefois un territoire beaucoup plus vaste, englobant une grande partie de la péninsule du Labrador, notamment dans l'usage administratif qui a donné son nom à l'ancien district d'Ungava. Aujourd'hui, le nom s'applique à un territoire plus restreint, limité au sud par la rivière aux Feuilles. La Commission de géographie du Québec a approuvé l'appellation pour cette extension actuelle en 1970.
Le nom est également porté par la baie d'Ungava, qui borde la péninsule à l'est, et il demeure employé dans divers contextes géologiques et administratifs, ce qui explique que les limites retenues puissent varier selon les auteurs.
Géographie
La péninsule d'Ungava forme l'extrémité septentrionale du Québec continental. Ses limites, selon la Commission de toponymie du Québec, sont les suivantes :
- à l'ouest, la baie d'Hudson ;
- au nord, le détroit d'Hudson ;
- à l'est, la baie d'Ungava ;
- au sud, la rivière aux Feuilles.
Le territoire se présente principalement comme un plateau rocheux dénudé, entaillé de vallées et parsemé de nombreux lacs d'origine glaciaire. Les côtes, découpées, comportent des fjords, des caps et des îles littorales, particulièrement le long du détroit d'Hudson. Le cap Wolstenholme, près d'Ivujivik, est généralement reconnu comme le point le plus septentrional du Québec continental.
La superficie et les limites précises varient selon l'usage géographique retenu, la péninsule étant tantôt définie de manière strictement physique, tantôt de manière plus large.
Le territoire fait partie de la région administrative du Nord-du-Québec et du Nunavik, la partie du Québec située au nord du 55e parallèle.
Géologie et histoire glaciaire
La péninsule appartient au Bouclier canadien, ensemble de roches précambriennes parmi les plus anciennes du continent. Elle est traversée par une ceinture de roches volcaniques et sédimentaires, connue sous le nom de fosse de l'Ungava ou ceinture de Cape Smith, qui renferme d'importants gisements de nickel et de cuivre.
Dernière glaciation
Le relief porte l'empreinte de l'inlandsis laurentidien. Les travaux de la Commission géologique du Canada et de chercheurs universitaires documentent la géologie du Quaternaire du nord de la péninsule : formes d'érosion glaciaire, dépôts morainiques, eskers et dépôts fluvioglaciaires témoignent du retrait des glaces.
Émersion postglaciaire
Après la déglaciation, la mer a envahi les basses terres côtières déprimées par le poids des glaces. Le relèvement isostatique de la croûte terrestre a ensuite provoqué l'émersion progressive des côtes, laissant d'anciennes plages soulevées et des dépôts marins à l'intérieur des terres. Ces phénomènes ont fait l'objet d'études publiées sur la relation entre l'émersion postglaciaire de la péninsule et son histoire glaciaire.
Cratère des Pingualuit
Le cratère des Pingualuit, cratère d'impact météoritique occupé par un lac circulaire, se trouve dans la partie nord de la péninsule. Il est protégé au sein du parc national des Pingualuit.
Climat et milieu naturel
La péninsule d'Ungava est soumise à un climat arctique, caractérisé par des hivers longs et très froids et des étés courts et frais. Les eaux de la baie d'Hudson, du détroit d'Hudson et de la baie d'Ungava sont couvertes de glace une grande partie de l'année, ce qui accentue la rigueur du climat.
Le sol est marqué par le pergélisol, présent de façon continue sur la majeure partie du territoire. Le gel et le dégel saisonniers de la couche superficielle produisent des formes caractéristiques du milieu périglaciaire, comme les sols structurés.
Le paysage dominant est celui de la toundra arctique : végétation basse composée de mousses, de lichens, d'arbustes nains et de plantes herbacées, sur un substrat rocheux souvent dénudé. La vallée de la rivière aux Feuilles, au sud, constitue une exception locale : on y trouve des terrasses portant une forêt boréale.
La faune comprend des espèces adaptées au milieu arctique, terrestres et marines, dont la présence est étroitement liée aux activités traditionnelles de chasse, de pêche et de piégeage des Inuits.
Occupation humaine
Le territoire est occupé depuis plusieurs millénaires par des populations paléoesquimaudes, puis par les ancêtres thuléens des Inuits actuels. Les Inuits du Nunavik y pratiquent depuis longtemps un mode de vie fondé sur l'exploitation des ressources terrestres et marines.
Au cours des XIXe et XXe siècles, la traite des fourrures, notamment par la Compagnie de la Baie d'Hudson, puis l'arrivée des missionnaires et de l'administration fédérale ont entraîné la sédentarisation progressive des Inuits autour de postes établis sur la côte.
Les communautés de la péninsule sont aujourd'hui des villages nordiques situés sur le littoral, parmi lesquels :
- sur la baie d'Hudson : Puvirnituq et Akulivik ;
- sur le détroit d'Hudson : Ivujivik, Salluit et Kangiqsujuaq ;
- sur la baie d'Ungava et ses abords : Quaqtaq et Kangirsuk.
Ces villages ne sont reliés au sud du Québec par aucune route ; les liaisons se font par avion et, en saison, par voie maritime.
Administration et économie
La péninsule fait partie du territoire visé par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, signée en 1975. Celle-ci a notamment conduit à la création des villages nordiques et de l'Administration régionale Kativik, qui exerce des compétences régionales sur le territoire du Nunavik, situé au nord du 55e parallèle.
Au plan historique, l'ancien district d'Ungava, qui couvrait un territoire bien plus vaste que la péninsule actuelle, a été rattaché au Québec par la Loi de l'extension des frontières de Québec de 1912.
Ressources minières
La ceinture de Cape Smith fait de la péninsule l'une des principales zones d'exploitation du nickel au Québec. La mine Raglan, située entre Salluit et Kangiqsujuaq, et le projet Nunavik Nickel y exploitent des gisements de nickel et de cuivre. Ces activités font l'objet d'ententes avec les communautés inuites concernées.
Aires protégées et tourisme
Le parc national des Pingualuit, géré dans le cadre des parcs nationaux du Nunavik, protège le cratère du même nom et ses environs. Le tourisme d'aventure et d'observation de la nature y demeure limité par l'éloignement et le coût des déplacements.
