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Géographie

Réservoir Caniapiscau

Le réservoir Caniapiscau est un lac de retenue artificiel situé dans le nord du Québec, à l'extrémité orientale du complexe hydroélectrique La Grande. Aménagé par Hydro-Québec, il a été créé par la submersion de plusieurs lacs naturels, dont la mise en eau a commencé en octobre 1981. D'une superficie d'environ 4 359 km² selon Hydro-Québec, il est considéré comme le plus grand plan d'eau artificiel du Québec. Ses eaux, détournées du bassin de la rivière Koksoak vers celui de la Grande Rivière, alimentent les centrales de la baie James.

La Grande Riviere carte 2
Carte : La Grande Riviere carte 2. La_Grande_map_2.png: P199 derivative work: Piotron (talk) (Public domain) Wikimedia Commons
Caniapiscau Reservoir
Photographie : Caniapiscau Reservoir. Lkovac at English Wikipedia (CC BY-SA 3.0) Wikimedia Commons

Situation géographique

Le réservoir Caniapiscau occupe une vaste dépression du plateau du Nouveau-Québec, dans la partie centrale de la péninsule du Québec-Labrador. Il se trouve à l'extrémité orientale du complexe hydroélectrique La Grande, dont il constitue le réservoir le plus en amont.

Le plan d'eau s'est formé à la tête du bassin versant de la rivière Caniapiscau, cours d'eau qui coule naturellement vers le nord pour rejoindre la rivière Koksoak, laquelle se jette dans la baie d'Ungava. La mise en eau a réuni plusieurs lacs préexistants, dont le lac Caniapiscau, en un seul réservoir aux contours très découpés, parsemé de nombreuses îles correspondant aux anciennes hauteurs du relief submergé.

Le secteur est situé dans le territoire non organisé de Caniapiscau, au sein d'une région peu peuplée, couverte de taïga et de toundra forestière. Le réservoir est accessible par la route Transtaïga, qui relie les aménagements du complexe La Grande d'ouest en est.

Caractéristiques physiques

Les données publiées sur les dimensions du réservoir varient selon les sources et selon le niveau d'exploitation retenu.

CaractéristiqueValeurSource
Superficie4 359 km²Hydro-Québec
Volume total52,6 milliards de m³Hydro-Québec
Volume utile pour la production39,0 milliards de m³Hydro-Québec
Superficie selon le niveaude 1 500 à 4 285 km²International Lake Environment Committee

L'écart entre le volume total et le volume utile tient au fait qu'une partie de l'eau stockée ne peut être soutirée pour la production d'électricité. Le niveau du réservoir fluctue au fil des saisons et des années en fonction des apports naturels et de la gestion des eaux par Hydro-Québec, ce qui modifie sensiblement l'étendue de la surface inondée.

Par sa superficie, le réservoir Caniapiscau est généralement présenté comme le plus grand plan d'eau artificiel du Québec, devant les autres grands réservoirs du complexe La Grande et ceux de la Côte-Nord.

Histoire de l'aménagement

Le réservoir Caniapiscau a été aménagé dans le cadre de la première phase du complexe La Grande, vaste projet hydroélectrique lancé par Hydro-Québec dans les années 1970 sur le territoire de la baie James. Son rôle est d'accroître les apports d'eau vers les centrales de la Grande Rivière en y dérivant une partie du bassin de la rivière Caniapiscau.

La mise en eau du réservoir a commencé en octobre 1981. Le remplissage d'un plan d'eau de cette dimension s'est étalé sur plusieurs années avant que le réservoir n'atteigne son niveau d'exploitation.

Les ouvrages de retenue comprennent deux barrages et une série de digues fermant les points bas du pourtour du réservoir. La centrale Brisay, construite plus tard sur la rivière Caniapiscau, au point de sortie des eaux dérivées, a été mise en service en 1993 avec une puissance installée de 469 MW.

Les travaux de construction ont fait l'objet d'une importante documentation photographique, dont une partie, conservée dans des fonds d'archives, a été mise en valeur par l'Université Laval.

Fonctionnement hydroélectrique

Le réservoir Caniapiscau sert de réserve d'eau de tête pour le complexe La Grande. Ses eaux sont dirigées vers l'ouest, d'abord par la centrale Brisay, puis par les aménagements de la rivière Laforge, avant de rejoindre le réservoir La Grande-4 et la chaîne de centrales de la Grande Rivière.

Cette dérivation modifie le partage naturel des eaux entre deux grands bassins versants :

  • le bassin de la rivière Caniapiscau, tributaire de la rivière Koksoak et de la baie d'Ungava ;
  • le bassin de la Grande Rivière, qui se déverse dans la baie James.

En raison de son volume utile, le réservoir permet de stocker l'eau sur une base pluriannuelle et contribue à la régularisation des débits turbinés en aval. Il joue ainsi un rôle dans la sécurité d'approvisionnement énergétique du Québec, notamment lors des années de faible hydraulicité.

En aval des ouvrages, la rivière Caniapiscau poursuit son cours vers le nord avec un débit réduit, alimenté par les apports de son bassin résiduel et par les éventuels déversements du réservoir.

Effets environnementaux

Comme les autres réservoirs du complexe La Grande, le réservoir Caniapiscau a entraîné une hausse des teneurs en mercure dans la chair des poissons. Ce phénomène est lié notamment à la décomposition de la matière organique submergée lors de la mise en eau, qui favorise la transformation du mercure présent dans les sols en méthylmercure, forme assimilée par les organismes aquatiques. Les teneurs observées varient selon les espèces, les poissons piscivores étant généralement les plus touchés, et selon les périodes de suivi, les concentrations tendant à diminuer progressivement plusieurs années après la mise en eau.

La création du réservoir a également transformé l'hydrographie régionale : ennoiement de vastes superficies de forêt et de milieux humides, réduction du débit de la rivière Caniapiscau en aval et modification des apports d'eau douce vers la baie d'Ungava et la baie James.

En septembre 1984, la noyade de plusieurs milliers de caribous lors de la traversée de la rivière Caniapiscau, près de la chute du Calcaire, a suscité un débat public sur le rôle éventuel de la gestion des eaux du réservoir dans les conditions de débit observées à cette période.

Toponymie

Le réservoir tire son nom de la rivière Caniapiscau, dont il occupe le cours supérieur et dont il a absorbé le lac de tête. Le nom Caniapiscau est d'origine autochtone ; il a également été attribué au territoire non organisé et à la municipalité régionale de comté qui englobent le secteur.

La Commission de toponymie du Québec documente les changements apportés au réseau hydrographique par les ouvrages de dérivation : les eaux de la partie amont de la rivière Caniapiscau sont détournées vers la Grande Rivière, tandis que la rivière Caniapiscau proprement dite poursuit son cours vers la rivière Koksoak. Certains tronçons modifiés ou nouvellement formés du réseau ont fait l'objet de dénominations distinctes, comme la rivière René-Lévesque, située dans le territoire non organisé de Caniapiscau.

Les formes « réservoir Caniapiscau » et « réservoir de Caniapiscau » se rencontrent toutes deux dans l'usage.

Sources

  1. Registre éditorial Savoirs.Québec, fiche « Réservoir Caniapiscau »
  2. Hydro-Québec, Réservoirs
  3. Hydro-Québec, Centrales
  4. International Lake Environment Committee, Caniapiscau Reservoir
  5. Commission de toponymie du Québec, Rivière Caniapiscau
  6. Commission de toponymie du Québec, Rivière René-Lévesque
  7. Université du Québec à Chicoutimi, La gestion des barrages-réservoirs au Québec : exemples d'enjeux environnementaux
  8. ULaval nouvelles, Le projet de réservoir de Caniapiscau : des centaines de photos témoignent
  9. Hydro-Québec, La sécurité énergétique du Québec pleinement assurée
  10. Wikipédia, Réservoir de Caniapiscau

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Caniapiscau
  2. Caniapiscau Reservoir - Wikipedia
  3. Wikipédia:Lumière sur/Réservoir de Caniapiscau — Wikipédia
  4. Wikipédia:Sélection/Barrage — Wikipédia
  5. Caniapiscau, Quebec - Wikipedia
  6. Portail:Nord-du-Québec/Lumière/13 — Wikipédia
  7. www.hydroquebec.com · learning · hydroelectriciteReservoirs | Dams | Hydropower | Hydro-Québec
  8. Generating stations - Hydro-Québec Production

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

Mots-clés : réservoir caniapiscau, hydro-québec, complexe la grande, rivière caniapiscau, baie james, dérivation, mercure, centrale brisay

Processus éditorial

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