Toponymie
Le nom Baskatong est d'origine anichinabée (algonquine). Il désignait à l'origine un lac de la haute vallée de la Gatineau, que la mise en eau du réservoir a englobé.
Le toponyme « Réservoir Baskatong » a été officialisé par la Commission de toponymie du Québec le 5 décembre 1968. Le plan d'eau a également été désigné sous le nom de « réservoir Mercier », par référence au barrage qui en assure la retenue. La Commission de toponymie consigne par ailleurs une fiche distincte pour le nom « Baskatong », qui rend compte de l'ancienneté de cette appellation dans la région.
Le nom figure aussi au Répertoire géographique du Canada, tenu par Ressources naturelles Canada, sous sa forme française officielle.
Géographie
Le réservoir Baskatong se trouve dans le bassin de la rivière Gatineau, affluent de la rivière des Outaouais. Il est situé au nord de Maniwaki et au nord-ouest de Mont-Laurier, à la jonction de deux régions administratives :
- l'Outaouais, par la MRC de La Vallée-de-la-Gatineau, où se trouve le barrage Mercier, sur le territoire de la municipalité de Grand-Remous ;
- les Laurentides, par la MRC d'Antoine-Labelle, dans le secteur des Hautes-Laurentides.
Dimensions
| Caractéristique | Valeur (Commission de toponymie du Québec) |
|---|---|
| Superficie | 329 km² |
| Longueur | 45 km |
| Largeur | 19 km |
D'autres sources avancent une superficie supérieure. Les écarts tiennent notamment à la délimitation retenue et au niveau de l'eau, qui varie selon la gestion du réservoir au fil des saisons.
Le plan d'eau présente une forme découpée, avec de nombreuses baies, presqu'îles et îles issues de l'ennoiement d'un relief de collines boisées. Il résulte de la réunion, par la montée des eaux, de l'ancien lac Baskatong et de plusieurs autres lacs et tronçons de rivière.
Histoire
Le territoire du réservoir fait partie de l'espace fréquenté par les Anichinabés, dont témoigne le nom même de Baskatong. Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, la haute Gatineau est surtout parcourue pour l'exploitation forestière, la rivière servant au flottage du bois vers l'aval.
Au cours des années 1920, la nécessité de régulariser le débit de la Gatineau, sujette à de fortes crues printanières et à des étiages marqués, conduit à la construction du barrage Mercier, achevé en 1927 à la hauteur de l'actuel Grand-Remous. La retenue ainsi créée ennoie l'ancien lac Baskatong et les plans d'eau voisins pour former l'un des plus grands réservoirs artificiels de son époque.
Le nom « réservoir Baskatong » est officialisé le 5 décembre 1968. Au fil du XXe siècle, les rives du réservoir accueillent progressivement des activités de villégiature, de chasse et de pêche, qui s'ajoutent à la vocation hydraulique de l'ouvrage.
Aménagement hydraulique
Le réservoir Baskatong a été conçu d'abord comme un réservoir de régularisation : en emmagasinant les eaux de la fonte printanière pour les relâcher graduellement, il atténue les crues et soutient le débit de la rivière Gatineau en période d'étiage. Cette fonction profite aux aménagements hydroélectriques situés en aval sur la Gatineau et contribue à la gestion des eaux du bassin de la rivière des Outaouais.
Le barrage Mercier, situé à Grand-Remous, est inscrit au Répertoire des barrages du Québec tenu par le Centre d'expertise hydrique du Québec. L'ouvrage sert à la retenue d'eau et est associé à la production d'hydroélectricité.
La gestion des niveaux du réservoir se traduit par un marnage, c'est-à-dire une variation saisonnière du niveau de l'eau, qui influe sur l'aspect des rives, l'accès aux installations nautiques et les conditions de navigation. Cette contrainte a notamment été prise en compte dans les évaluations environnementales de projets riverains, tels que l'agrandissement du port de plaisance du Club Brunet.
Géologie et milieu naturel
Le réservoir repose sur le socle précambrien du Bouclier canadien, dans la province géologique de Grenville. La géologie de la région a fait l'objet de travaux du gouvernement du Québec, dont un rapport préliminaire (RP 572) consacré à la moitié ouest du secteur du réservoir. Le relief environnant est formé de collines arrondies façonnées par les glaciations, entre lesquelles s'insinuent les nombreuses baies du plan d'eau.
Le territoire riverain est couvert par la forêt mixte et la forêt de conifères caractéristiques de la haute Outaouais et des Hautes-Laurentides. Le climat y est de type continental humide, avec des hivers froids et enneigés au cours desquels le réservoir est pris par les glaces, et des étés tempérés.
Le réservoir abrite une faune aquatique recherchée par les pêcheurs, en particulier le doré et le grand brochet, ce qui en fait une destination de pêche sportive reconnue dans l'ouest du Québec.
Occupation du territoire et activités
Hormis le barrage, le réservoir ne comporte pas d'agglomération importante sur ses rives ; la municipalité la plus étroitement associée au plan d'eau est Grand-Remous, dans la MRC de La Vallée-de-la-Gatineau, qui en fait un élément de son identité touristique.
Les rives accueillent :
- des chalets et des secteurs de villégiature ;
- des pourvoiries et des établissements d'hébergement liés à la chasse et à la pêche ;
- des installations nautiques, dont le port de plaisance du Club Brunet ;
- des sites de camping et des accès à l'eau pour les embarcations.
La pêche, pratiquée en eau libre comme sur la glace, constitue l'activité dominante. Le canot, le kayak et la navigation de plaisance y sont également pratiqués, l'étendue du réservoir et l'exposition au vent exigeant toutefois de la prudence. L'exploitation forestière se poursuit dans les terres publiques environnantes, desservies par un réseau de chemins forestiers.

