Situation
La mine Madeleine se trouve au sommet du Petit mont Sainte-Anne, dans le canton de Boisbuisson, à environ 50 km au sud-est de Sainte-Anne-des-Monts. Le site appartient à la région administrative de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et au secteur montagneux de l'intérieur de la péninsule, en bordure du massif des monts McGerrigle.
Ce secteur fait partie des monts Chic-Chocs au sens large, chaîne qui forme l'épine dorsale de la Gaspésie et qui compte les plus hauts sommets du Québec méridional, dont le mont Jacques-Cartier. La mine voisine, dans la même région, l'indice et ancien projet Candego, qui fait l'objet d'une cartographie géologique commune avec la mine Madeleine dans les travaux du ministère québécois responsable des mines.
L'emplacement en altitude, à l'écart des principales agglomérations côtières, a conditionné l'accès au site et la logistique de l'exploitation, le minerai devant être traité sur place puis acheminé hors de la montagne.
Cadre géologique
Le gisement Madeleine appartient à la province géologique des Appalaches, qui couvre l'ensemble de la péninsule gaspésienne. Il est encaissé dans l'auréole métamorphique du pluton granitique dévonien des monts McGerrigle, intrusion qui a recoupé des roches sédimentaires plus anciennes et les a transformées par métamorphisme de contact.
Métamorphisme de contact
Au voisinage du granite, la chaleur dégagée par le magma a recristallisé les roches sédimentaires argileuses en cornéennes pélitiques, roches dures, massives et à grain fin. C'est dans ces cornéennes que se loge la minéralisation cuprifère de la mine Madeleine. L'étude de l'altération de la roche encaissante, publiée par le ministère québécois des Mines au milieu des années 1980, documente les transformations minéralogiques associées à la mise en place des sulfures.
Relation avec le massif des McGerrigle
Le massif des McGerrigle, dont le mont Jacques-Cartier constitue le point culminant, est le principal corps intrusif granitique de la Gaspésie centrale. Son auréole a fait l'objet d'excursions géologiques, notamment en 1983, au cours desquelles la mine Madeleine servait d'exemple de minéralisation développée en périphérie de l'intrusion. Le contexte géologique régional est également traité dans la synthèse du Cambro-Ordovicien du nord de la Gaspésie publiée en 1988.
Minéralisation
La minéralisation de la mine Madeleine est essentiellement composée de sulfures disposés en stockwerk, c'est-à-dire en un réseau dense de veinules et de filons recoupant la roche encaissante.
Minéraux principaux
- Chalcopyrite (sulfure de cuivre et de fer), principal minéral de cuivre ;
- Bornite, sulfure de cuivre et de fer plus riche en cuivre ;
- Pyrrhotine, sulfure de fer accompagnant la minéralisation cuprifère.
L'argent, récupéré comme sous-produit, est associé aux sulfures de cuivre.
Géométrie des corps minéralisés
Les rapports géologiques décrivent des amas minéralisés en forme de cheminées et de corps tabulaires au sein de la cornéenne pélitique. Cette géométrie, combinée à la répartition en stockwerk, reflète la circulation de fluides minéralisateurs le long de fractures dans une roche rendue cassante par le métamorphisme de contact.
Teneurs
Les teneurs moyennes publiées pour le minerai traité se situent autour de 1 à 1,33 % de cuivre et de 7 à 7,5 g/t d'argent, selon la période considérée. Il s'agit d'un gisement à teneur modeste mais à tonnage important, dont la rentabilité dépendait étroitement du prix du cuivre.
Histoire de l'exploitation
1979 à 1982 : réouverture et fermeture définitive
Après une interruption, l'exploitation a repris en 1979 ; selon les rapports, la reprise est datée de juin ou de juillet 1979. Les synthèses géologiques situent la fin de l'exploitation en 1982. La fermeture définitive s'inscrit dans un contexte de baisse du prix du cuivre et de rentabilité insuffisante.
1977 à 1979 : arrêt des activités
La production a été interrompue le 1er janvier 1977. Le rapport d'activité des géologues résidents pour 1977 indique que la mine a ensuite été laissée à l'inondation vers la fin de l'été 1977.
1969 à 1977 : première période de production
L'exploitation commerciale a commencé en juin 1969. Les exposés sommaires sur les activités minières du district de la Gaspésie pour 1970 et 1971, ainsi que le bilan des activités minières de 1974, rendent compte de cette période d'activité.
1964 : découverte
Le gisement a été découvert en 1964 par des prospecteurs de la région.
| Période | Événement |
|---|---|
| 1982 | Fin de l'exploitation |
| Juin ou juillet 1979 | Reprise de la production |
| Fin de l'été 1977 | Mine laissée à l'inondation |
| 1er janvier 1977 | Arrêt de la production |
| Juin 1969 | Début de l'exploitation commerciale |
| 1964 | Découverte du gisement |
Production
Les données de production publiées par le ministère québécois des Mines permettent de suivre le bilan de la mine à deux moments.
| Bilan | Minerai traité | Teneur en cuivre | Teneur en argent |
|---|---|---|---|
| Ensemble de l'exploitation (résumé de 1983) | environ 8 000 000 t | un peu plus de 1 % | environ 7 g/t |
| Cumul au bilan de 1977 | 6 092 322 t | 1,33 % | 7,5 g/t |
Le bilan publié pour 1977 porte sur la première période de production, de juin 1969 au 1er janvier 1977. Le résumé présenté lors de l'excursion géologique de 1983 autour des monts McGerrigle couvre l'ensemble de la vie de la mine et fait état d'une teneur moyenne légèrement inférieure, ce qui suggère l'exploitation de minerai plus pauvre au cours de la seconde période.
Le cuivre constituait le métal principal et l'argent un sous-produit. Ces volumes placent la mine Madeleine parmi les exploitations cuprifères notables de la Gaspésie, à côté du complexe de Murdochville, plus important.
Travaux ultérieurs
Après la fermeture, le secteur de la mine a continué de faire l'objet de travaux géologiques. Un rapport géologique consacré au projet Mines Madeleine Ouest, déposé dans les archives du ministère sous la cote GM 59985, porte sur l'exploration des terrains situés à l'ouest de l'ancienne exploitation.
La cartographie géologique de la région des mines Madeleine et Candego, publiée par le ministère québécois des Mines, et l'étude détaillée de la minéralisation et de l'altération (MB 84-11) demeurent les principales références scientifiques sur le gisement. Ces documents sont consultables dans le système d'information géominière du Québec (SIGÉOM), qui regroupe les rapports gouvernementaux et les rapports statutaires des sociétés d'exploration.
La mine Madeleine sert également de site de référence pour l'enseignement et les excursions portant sur la métallogénie des Appalaches, en particulier sur les minéralisations de cuivre liées au métamorphisme de contact autour des intrusions granitiques dévoniennes.