Dénomination et identité
Le nom Huron est une désignation d'origine française, en usage depuis le début du XVIIe siècle. Le nom Wendat est celui par lequel la nation se désigne elle-même ; il est généralement rattaché à l'idée d'île ou de terre insulaire, en lien avec les récits wendat de la création du monde. L'Office québécois de la langue française consigne les formes « Hurons-Wendats » pour le peuple et « huron-wendat, huronne-wendate » comme adjectif.
Au cours des dernières années, le conseil de la nation a affirmé l'usage de l'appellation « Nation Wendat » dans ses communications et ses instances, tout en conservant la reconnaissance historique de l'expression « Nation huronne-wendat », encore employée dans de nombreux documents officiels et juridiques.
Les Wendat appartiennent à la famille linguistique iroquoienne, comme les nations de la Confédération haudenosaunee (iroquoise), avec lesquelles ils ont pourtant entretenu une longue rivalité. La langue wendat, qui n'est plus parlée couramment depuis le XIXe siècle, fait l'objet d'initiatives de revitalisation ; son étude relève du domaine des langues autochtones.
D'autres communautés issues de la dispersion du XVIIe siècle, connues sous le nom de Wyandot, vivent aujourd'hui aux États-Unis et en Ontario. Les Wendat de Wendake en constituent la branche établie au Québec.
La confédération wendat en Huronie
Avant le milieu du XVIIe siècle, les ancêtres des Wendat de Wendake vivaient dans la région située entre le lac Simcoe et la baie Georgienne, dans l'actuel Ontario, territoire que les Français appelaient la Huronie et que les Wendat nommaient Wendake. Ils formaient une confédération regroupant plusieurs nations, dont les Attignawantan (nation de l'Ours), les Attigneenongnahac (nation de la Corde), les Arendarhonon (nation de la Roche) et les Tahontaenrat (nation du Cerf).
Les Wendat vivaient dans des villages palissadés composés de maisons longues, abritant des familles élargies organisées selon des lignages matrilinéaires. Leur économie reposait sur l'horticulture du maïs, des haricots et des courges, complétée par la pêche, la chasse et la cueillette. Leur position géographique en faisait des intermédiaires commerciaux importants entre les nations agricoles du sud et les nations algonquiennes du nord.
L'archéologie, les archives missionnaires et la tradition orale permettent de documenter cette période. La présence de populations iroquoiennes dans la vallée du Saint-Laurent au XVIe siècle, notamment dans la région de Québec, alimente par ailleurs les recherches sur les liens anciens entre les Wendat et le territoire québécois.
Alliance française et dispersion
Les Wendat deviennent au début du XVIIe siècle des partenaires essentiels des Français dans la traite des fourrures. En 1609, des guerriers arendarhonon accompagnent Samuel de Champlain lors d'une expédition contre les Agniers (Mohawks). Champlain séjourne lui-même en Huronie en 1615 et 1616. Les missionnaires récollets, puis jésuites à partir de 1626, s'y établissent ; les jésuites fondent en 1639 la mission de Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons.
Les épidémies de maladies européennes des années 1630 réduisent considérablement la population wendat. Parallèlement, la guerre avec la Confédération haudenosaunee s'intensifie. Entre 1648 et 1649, des attaques détruisent plusieurs villages, dont Saint-Ignace et Saint-Louis ; les missionnaires Jean de Brébeuf et Gabriel Lalemant y trouvent la mort. Au printemps 1649, les Wendat incendient eux-mêmes leurs villages et la mission de Sainte-Marie, entraînant la dispersion de la confédération.
Une partie des survivants se réfugie sur l'île Saint-Joseph (aujourd'hui Christian Island), où la famine sévit durant l'hiver 1649-1650. D'autres sont intégrés aux nations haudenosaunee ou migrent vers l'ouest des Grands Lacs. En 1650, quelques centaines de personnes gagnent Québec avec les jésuites. Parcs Canada reconnaît cet exode comme l'Événement historique national des Hurons-Wendats chassés de la Huronie.
Établissement dans la région de Québec
Après leur arrivée à Québec, les réfugiés wendat connaissent plusieurs déplacements successifs :
| Période | Lieu d'établissement |
|---|---|
| 1650-1651 | Québec |
| 1651-1656 | Île d'Orléans |
| 1656-1668 | Québec, près du fort |
| 1668-1673 | Notre-Dame-de-Foy (Sainte-Foy) |
| 1673-1697 | L'Ancienne-Lorette |
| Depuis 1697 | Jeune-Lorette (Wendake) |
Le séjour à l'île d'Orléans prend fin après un raid haudenosaunee en 1656, qui fait de nombreuses victimes et captifs. Les déplacements suivants sont liés à l'épuisement des sols, au voisinage croissant des colons et aux décisions des missionnaires jésuites.
En 1697, une communauté d'environ 150 personnes s'établit près de la chute Kabir Kouba, sur la rivière Saint-Charles, à l'emplacement de l'actuelle Wendake, alors appelée la Jeune-Lorette ou le Village-des-Hurons. Ce lieu devient le foyer permanent de la nation au Québec. L'église Notre-Dame-de-Lorette, dont la construction remonte au XVIIIe siècle, témoigne de cette période et de l'influence de la mission catholique.
Durant le Régime français, les guerriers wendat participent aux campagnes militaires aux côtés des Français, y compris lors de la guerre de la Conquête.
Traité de 1760 et régime britannique
Le 5 septembre 1760, quelques jours avant la capitulation de Montréal, le général britannique James Murray remet à des représentants wendat, à Longueuil, un document leur accordant la protection britannique et leur garantissant le libre exercice de leur religion, de leurs coutumes et de leur commerce avec les Anglais. Ce document est connu sous le nom de Traité huron-britannique de 1760.
La nature juridique de ce document est restée contestée pendant plus de deux siècles. En 1982, des membres de la famille Sioui sont poursuivis pour avoir campé et coupé des arbres dans le parc de la Jacques-Cartier, en contravention de la réglementation provinciale. Dans l'arrêt R. c. Sioui, rendu en 1990, la Cour suprême du Canada conclut que le document de 1760 constitue un traité au sens de la Loi sur les Indiens et qu'il protège l'exercice de pratiques coutumières sur le territoire concerné. L'arrêt porte sur la validité du traité et ses effets sur ces pratiques ; il ne délimite pas à lui seul un territoire.
Au XIXe siècle, les Wendat revendiquent notamment des droits sur la seigneurie de Sillery, concédée au XVIIe siècle au profit des Autochtones convertis. Le grand chef Nicolas Vincent Tsawenhohi se rend à Londres en 1825 pour défendre ces revendications auprès des autorités impériales. Durant ce siècle, Wendake se fait connaître pour la fabrication artisanale et commerciale de raquettes, de canots, de mocassins et d'autres objets, activités qui assurent une part importante de l'économie locale.
Wendake et institutions contemporaines
La communauté de Wendake, située dans la région administrative de la Capitale-Nationale et enclavée dans la ville de Québec, est la seule réserve huronne-wendat au Canada. Selon la Commission de toponymie du Québec, le nom officiel Wendake a remplacé en 1986 l'ancienne appellation de Village-des-Hurons. La nation est administrée par le Conseil de la Nation Wendat, dirigé par un grand chef et des chefs familiaux élus.
Le territoire coutumier de la nation, appelé Nionwentsïo (graphie également rendue par Onyionhwentsïio'), s'étend notamment entre les rivières Saint-Maurice et Saguenay, au nord du Saint-Laurent, et comprend des secteurs de la rive sud. La nation présente sa délimitation comme fondée sur des recherches historiques et anthropologiques ; il s'agit d'un territoire revendiqué et non d'une limite administrative. Le Bureau du Nionwentsïo mène des recherches visant à repérer et à protéger des lieux patrimoniaux et des zones de potentiel archéologique.
La nation intervient régulièrement dans les débats publics touchant ses droits et son territoire, par exemple en déposant à l'Assemblée nationale un mémoire sur le projet de loi no 69 portant sur la gouvernance des ressources énergétiques.
Sur le plan culturel et touristique, Wendake accueille notamment l'Hôtel-Musée Premières Nations et des sites d'interprétation de la culture wendat. En octobre 2026, Simon-Pierre Savard-Tremblay, d'origine wendat, est nommé ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit au sein du gouvernement formé par Paul St-Pierre Plamondon.

