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Langues autochtones

Wolastoqey (malécite)

Le wolastoqey, ou Wolastoqey latuwewakon, est la langue des Wolastoqiyik, nation autochtone du bassin de la rivière Wolastoq (Saint-Jean). Appelée « malécite » en français, cette langue de la famille algonquienne est très proche du passamaquoddy. Elle est surtout parlée au Nouveau-Brunswick, où des programmes d'immersion soutiennent sa transmission, et au Maine. Au Québec, elle est rattachée à la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, reconnue par l'Assemblée nationale en 1989. Elle est considérée comme sérieusement en danger.

Dénomination et classification

La langue se nomme Wolastoqey latuwewakon dans ses propres termes. Le nom de la nation, Wolastoqiyik, renvoie à la rivière Wolastoq, appelée rivière Saint-Jean en français ; il désigne ainsi « le peuple de la Wolastoq ». L'adjectif et nom de langue « wolastoqey » est de plus en plus employé, en français comme en anglais, à la place de l'exonyme historique « malécite » (en anglais Maliseet), qui demeure courant dans les textes administratifs et les ouvrages plus anciens. Les dictionnaires de langue française et les répertoires terminologiques québécois consignent aujourd'hui les deux formes.

Le wolastoqey appartient à la famille algonquienne, plus précisément au groupe des langues algonquiennes de l'Est. Il est très proche du passamaquoddy, parlé au Maine et au Nouveau-Brunswick, au point que les deux variétés sont souvent décrites comme deux dialectes d'une même langue, dite malécite-passamaquoddy. Le code ISO 639-3 pqm couvre d'ailleurs cet ensemble. La langue est également apparentée, de façon plus éloignée, au mi'kmaq et aux autres langues algonquiennes du Québec, comme l'innu-aimun, l'atikamekw ou l'algonquin.

Cette proximité entre wolastoqey et passamaquoddy a des conséquences pratiques : ressources lexicographiques, matériel pédagogique et travaux de documentation sont fréquemment partagés entre les deux communautés de locuteurs.

Aire linguistique et communautés

L'aire du wolastoqey suit le cours de la rivière Wolastoq (Saint-Jean) et de ses affluents, sur un territoire ancestral qui s'étend aujourd'hui sur le Nouveau-Brunswick, l'État du Maine et l'est du Québec.

Nouveau-Brunswick et Maine

Le Nouveau-Brunswick regroupe la plupart des communautés wolastoqiyik et l'essentiel des locuteurs actuels de la langue. Celle-ci y est employée dans les familles, les cérémonies et les programmes scolaires, dont des programmes d'immersion. Au Maine, la langue est également parlée par des membres de la nation wolastoqey, à proximité des communautés passamaquoddy.

Québec

Au Québec, la nation est représentée par la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, établie dans le Bas-Saint-Laurent, dont les bureaux se trouvent dans la région de Rivière-du-Loup et qui possède des terres à Cacouna et à Whitworth. Ses membres vivent pour la plupart dispersés dans la province plutôt que dans une communauté de résidence unique. Selon le profil des nations publié par le gouvernement du Québec, ils parlent français et plusieurs connaissent aussi l'anglais ; le même profil situe les locuteurs actuels du wolastoqey au Nouveau-Brunswick et au Maine.

Le wolastoqey ne connaît pas de division dialectale interne largement reconnue ; la principale distinction de variété concerne le passamaquoddy.

Vitalité, locuteurs et transmission

Le wolastoqey est classé comme langue sérieusement en danger. Le nombre de locuteurs est estimé à environ 800 selon le catalogue des langues autochtones de Savoirs.Québec ; les chiffres publiés varient toutefois selon les sources, leur date et leur périmètre, certains dénombrements regroupant wolastoqey et passamaquoddy, d'autres distinguant le Canada et les États-Unis.

IndicateurSituation observée
Locuteurs (estimation)environ 800
Statut de vitalitésérieusement en danger
Principales zones d'usageNouveau-Brunswick, Maine
Usage au Québecaucune communauté de locuteurs signalée par le gouvernement du Québec

Transmission

La transmission intergénérationnelle est faible : une large part des locuteurs fluides appartient aux générations aînées, tandis que les plus jeunes acquièrent souvent la langue en milieu scolaire ou communautaire plutôt qu'au foyer. Cette situation est commune à plusieurs langues algonquiennes de l'Est.

Revitalisation

Des programmes d'immersion en wolastoqey sont en cours au Nouveau-Brunswick. Ils s'ajoutent à l'enseignement de la langue comme matière, à la formation de nouveaux enseignants et à la production de ressources pédagogiques. Les liens avec les locuteurs de passamaquoddy permettent de mettre en commun dictionnaires, enregistrements et matériel didactique.

Au Québec, la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk inscrit la réappropriation de la langue dans ses démarches de valorisation culturelle et identitaire.

Écriture et documentation

Le wolastoqey s'écrit en alphabet latin. L'orthographe en usage, partagée avec le passamaquoddy, a été stabilisée au cours de la seconde moitié du XXe siècle dans le cadre de travaux menés avec des locuteurs et des linguistes. Elle sert aujourd'hui à l'enseignement, à la signalisation, à la publication de récits et à la communication écrite courante, y compris en ligne.

Le nom même de la langue illustre certaines conventions de cette orthographe : la lettre q y note une consonne vélaire, comme dans Wolastoq et Wolastoqiyik.

Ressources

La langue dispose d'ouvrages de référence lexicographiques communs au wolastoqey et au passamaquoddy, de recueils de récits traditionnels et d'enregistrements de locuteurs. En français, des publications universitaires québécoises ont rassemblé des récits wolastoqiyik, notamment dans la collection des Presses de l'Université Laval consacrée aux récits autochtones.

Le catalogue des langues autochtones de Savoirs.Québec recense pour sa part un lexique de 3 867 entrées en wolastoqey, outil de consultation qui s'ajoute aux ressources produites par les communautés et les établissements d'enseignement.

Rapport au Québec

Le Québec occupe une place particulière dans l'histoire de la nation wolastoqey. Le territoire ancestral des Wolastoqiyik englobe une partie de l'est de la province, en lien avec les voies de circulation reliant la vallée de la Wolastoq au fleuve Saint-Laurent par le Témiscouata et le Bas-Saint-Laurent.

La nation malécite a été reconnue officiellement par l'Assemblée nationale du Québec en 1989, devenant la onzième nation autochtone reconnue dans la province. Elle est aujourd'hui représentée par la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, dont le nom actuel reflète l'usage de l'endonyme plutôt que de l'exonyme « malécite ».

Sur le plan linguistique, la situation québécoise se distingue de celle du Nouveau-Brunswick : les membres de la nation vivant au Québec ont pour langue d'usage le français, et le gouvernement du Québec ne signale pas de communauté de locuteurs du wolastoqey dans la province. Le lien avec la langue passe donc par la parenté avec les communautés du Nouveau-Brunswick et du Maine, par les initiatives de réapprentissage et par l'usage croissant des dénominations wolastoqey dans la vie publique.

La terminologie officielle québécoise accompagne cette évolution : le Grand dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française et les dictionnaires de français du Québec consignent les formes « Wolastoqiyik » et « wolastoqey » aux côtés de « Malécites » et « malécite ».

Histoire

Les Wolastoqiyik occupent depuis des millénaires le bassin de la Wolastoq, dont ils exploitent les ressources fluviales et forestières. Ils font partie, avec les Passamaquoddy, les Mi'kmaq, les Pentagouets et les Abénakis, des nations de l'Est que les sources historiques associent à la Confédération Wabanaki.

Le nom « malécite » est un exonyme d'origine extérieure, généralement rattaché à un terme mi'kmaq, qui s'est imposé dans les documents coloniaux français puis anglais. La forme « Wolastoqiyik », longtemps réservée à l'usage interne, s'est diffusée dans l'usage public à partir de la fin du XXe siècle et au XXIe siècle.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les Wolastoqiyik entretiennent des alliances avec la France, puis concluent avec la Couronne britannique des traités de paix et d'amitié. Le tracé de la frontière entre les colonies britanniques puis entre le Canada et les États-Unis divise ensuite leur territoire, ce qui explique la répartition actuelle des communautés entre le Nouveau-Brunswick, le Québec et le Maine.

Au XIXe et au XXe siècle, la dépossession territoriale, les politiques d'assimilation et la scolarisation en anglais ou en français ont réduit la transmission de la langue au foyer. Les efforts de documentation, de normalisation de l'écriture puis d'enseignement en immersion, engagés surtout au Nouveau-Brunswick, visent à renverser cette tendance et à assurer la pérennité du Wolastoqey latuwewakon.

Sources

  1. Savoirs.Québec, catalogue des langues autochtones — fiche Wolastoqey (malécite)
  2. Gouvernement du Québec, Profil des nations — Wolastoqiyik (Malécites)
  3. Government of Québec, Profile of the Nations — Wolastoqiyik (Malecite)
  4. Office québécois de la langue française, Grand dictionnaire terminologique — Malécites
  5. Usito, dictionnaire de français — wolastoqey
  6. Aubin-Bérubé, « Ton vieux nom – Wolastoqiyik », Histoire Québec, 2020
  7. Presses de l'Université Laval, Les récits de notre terre : les Malécites
  8. Wikipédia, Wolastoqeys
  9. Wikipedia, Wolastoqiyik
  10. Pratiques exemplaires pour écrire au sujet des peuples autochtones
  11. Clionautes, Alliances et traités avec les peuples autochtones du Québec

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

Mots-clés : wolastoqey, malécite, wolastoqiyik, langue algonquienne, passamaquoddy, rivière saint-jean, bas-saint-laurent, revitalisation linguistique, langues autochtones

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