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Langues autochtones

Oji-cri

L'oji-cri, ou anishininiimowin, est une langue autochtone vivante de la famille algonquienne, parlée par des communautés anishininies du nord de l'Ontario et du Manitoba, notamment dans le bassin de la rivière Severn. Elle occupe une position intermédiaire entre l'ojibwé et le cri, et la littérature linguistique la désigne aussi sous le nom de « Severn Ojibwa » (code ISO 639-3 : ojs). Au recensement canadien de 2021, 15 305 personnes déclarent pouvoir la parler. Elle s'écrit surtout en syllabique. Sa présence au Québec reste marginale.

Dénomination et classification

La langue porte l'endonyme anishininiimowin, formé sur le nom que se donnent ses locuteurs, les Anishininis. En français, elle est désignée par le terme oji-cri, employé notamment par Statistique Canada dans les documents du recensement ; la graphie « oji-crée » apparaît aussi dans certains usages. En anglais, elle est appelée Oji-Cree, et la littérature linguistique emploie l'appellation Severn Ojibwa, qui correspond au code ISO 639-3 ojs.

L'oji-cri appartient à la famille algonquienne, l'une des familles de langues autochtones les plus étendues en Amérique du Nord. Les linguistes la rattachent généralement à l'ensemble ojibwé, dont elle constitue une variété septentrionale, mais elle présente de nombreux traits lexicaux et phonologiques communs avec les langues cries voisines, d'où son appellation composée. Cette position intermédiaire reflète des contacts prolongés entre locuteurs d'ojibwé et de cri dans le nord de l'Ontario et du Manitoba.

Deux grandes variétés sont habituellement distinguées :

  • le parler de la Severn, associé au bassin de la rivière Severn ;
  • le parler de la Winisk, associé au bassin de la rivière Winisk, plus à l'est.

Aire géographique

L'oji-cri est parlé principalement dans le nord de l'Ontario et dans le nord-est du Manitoba. Son aire couvre le bouclier canadien et les basses terres qui s'étendent vers la baie d'Hudson, en particulier le bassin de la rivière Severn, qui traverse le nord-ouest de l'Ontario avant de se jeter dans la baie d'Hudson.

Statistique Canada situe principalement les locuteurs d'oji-cri dans le centre du Canada et les Prairies.

L'aire de l'oji-cri est contiguë à celles d'autres langues algonquiennes : l'ojibwé au sud et à l'ouest, le cri des marais (ininîmowin) le long des baies d'Hudson et James. Ce voisinage explique les nombreux traits partagés et la difficulté, parfois, de tracer des frontières nettes entre ces parlers.

Vitalité, locuteurs et transmission

Locuteurs

Selon le Recensement de la population de 2021 de Statistique Canada, l'oji-cri compte :

Indicateur (Canada, 2021)Effectif
Personnes pouvant parler la langue15 305
Personnes l'ayant pour langue maternelle11 930

Le catalogue des langues autochtones de la plateforme Savoirs.Québec retient pour sa part une estimation non datée d'environ 14 000 locuteurs. Ces effectifs ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer la transmission de la langue aux jeunes générations.

Statut de vitalité

Le catalogue de Savoirs.Québec classe l'oji-cri comme langue vigoureuse. Glottolog la classe parmi les langues menacées et rapporte une évaluation de vulnérabilité. Ces évaluations divergent et ne constituent pas une mesure chiffrée de la transmission intergénérationnelle.

Écriture

L'oji-cri s'écrit principalement au moyen de l'écriture syllabique. L'alphabet latin est également utilisé.t un marqueur d'identité important pour les locuteurs.

L'alphabet latin est également utilisé, notamment dans des contextes de documentation linguistique, d'enseignement ou de communication avec des personnes qui ne lisent pas le syllabique. Il n'existe pas d'orthographe latine unique imposée à l'ensemble des communautés ; plusieurs conventions coexistent selon les institutions et les usages locaux.

Caractéristiques linguistiques

Comme les autres langues algonquiennes, l'oji-cri est une langue polysynthétique : un seul mot, en particulier un verbe, peut contenir l'information qu'une phrase entière exprime en français, grâce à l'agglutination de préfixes, de racines et de suffixes.

Plusieurs traits caractéristiques de la famille algonquienne s'y retrouvent :

  • une distinction grammaticale entre noms animés et inanimés, qui conditionne l'accord du verbe et la forme du pluriel ;
  • un système d'obviation, qui distingue, dans un énoncé, la troisième personne la plus en vue (proximative) d'une autre troisième personne (obviative) ;
  • une morphologie verbale riche, organisée en plusieurs classes selon l'animéité et la transitivité ;
  • une distinction entre « nous » inclusif et « nous » exclusif.

Le lexique de l'oji-cri combine des formes proches de l'ojibwé et d'autres proches du cri. Cette composition mixte est l'un des éléments qui ont conduit à le décrire comme une langue de transition entre les deux ensembles, tout en lui reconnaissant une identité propre portée par ses locuteurs.

Rapport au Québec

Le profil provincial du Recensement de 2021 recense 65 personnes pouvant parler oji-cri au Québec, un effectif très faible qui ne doit pas être confondu avec le total canadien. L'aire principale de la langue se trouve en Ontario et au Manitoba.

La langue entretient néanmoins des liens de parenté étroits avec plusieurs langues autochtones parlées au Québec, toutes membres de la famille algonquienne :

  • le cri de l'Est (iiyiyuu ayimuun), langue des Cris d'Eeyou Istchee, qui partage avec l'oji-cri l'usage dominant du syllabique ;
  • le naskapi, parlé à Kawawachikamach, également écrit en syllabique ;
  • l'algonquin (anicinàbemowin), proche de l'ensemble ojibwé auquel l'oji-cri est rattaché ;
  • l'atikamekw (nehiromowin) et l'innu-aimun, qui appartiennent au continuum cri.

Ces parentés font de l'oji-cri un point de comparaison utile pour la documentation des langues algonquiennes du Québec, notamment en ce qui concerne le continuum dialectal cri-ojibwé et la tradition syllabique commune. Les documents de référence du Recensement de 2021 ont par ailleurs été publiés en oji-cri, ce qui ne lui confère toutefois aucun statut juridique particulier au Québec.

Sources

  1. Statistique Canada, Les langues autochtones au Canada, Recensement de 2021
  2. Statistique Canada, Familles de langues autochtones : langues algonquiennes
  3. Statistique Canada, Profil du recensement — Québec, Recensement de 2021
  4. Statistique Canada, Profil de la population autochtone — Québec, Recensement de 2021
  5. Statistique Canada, Guide du Recensement de la population de 2021, chapitre 1
  6. Glottolog, Severn Ojibwa
  7. Musée canadien des langues, Les langues autochtones au Canada
  8. L'Encyclopédie canadienne, Langues autochtones au Canada
  9. Statistique Canada, Les langues autochtones des Premières Nations, des Métis et des Inuits, Recensement de 2016
  10. Savoirs.Québec, Catalogue des langues autochtones — fiche Oji-cri

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Oji-cri (langue) — Wikipédia
  2. usito.usherbrooke.ca · articles · thématiquesLes langues autochtones du Québec | Usito
  3. WEB 25047 Centre CH-Main-f.qxd
  4. Autochtones du Québec - L'aménagement linguistique dans le monde
  5. QUÉBEC: Les droits linguistiques des autochtones
  6. LES DROITS LINGUISTIQUES DES PEUPLES AUTOCHTONES AU …
  7. Vocabulary examples
  8. Census in Brief Indigenous languages across Canada
  9. Shawinigan, Ville [Subdivision de recensement], Québec
  10. Ojibwe dialects - Wikipedia

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5 · Comité — OpenAI — GPT 6.1 Sol · Comité — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage — GPT 6.1 Sol

Mots-clés : oji-cri, anishininiimowin, langue algonquienne, anishininis, syllabique, ojibwé, cri, ontario, manitoba

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