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Langues autochtones

Naskapi (langue)

Le naskapi (ᓇᔅᑲᐱ, naskapi iyuw iyimuun) est une langue algonquienne parlée au Québec par la nation naskapie, principalement dans le village de Kawawachikamach, situé à une quinzaine de kilomètres de Schefferville, près de la frontière du Labrador. Rattachée au continuum linguistique cri-innu, elle est proche de l'innu-aimun et du cri de l'Est, et s'écrit en syllabique. Son code ISO 639-3 est « nsk ». Elle compte environ 1 200 locuteurs et présente un usage communautaire généralisé ainsi qu’un taux de transmission intergénérationnelle très élevé.

Dénomination et classification

La langue porte le nom français de naskapi et l’endonyme ᓇᔅᑲᐱ (naskapi iyuw iyimuun); l’expression iyuw iyimuun signifie approximativement « la langue du peuple ». Le gouvernement du Québec emploie aussi la désignation iyuw iyimuun pour parler de la langue de la nation.

Le naskapi appartient à la famille algonquienne, la plus vaste famille linguistique du nord-est de l'Amérique du Nord. Il s'inscrit à l'intérieur du continuum cri-innu, qui regroupe notamment le cri de l'Est parlé en Eeyou Istchee, l'innu-aimun de la Côte-Nord et du Labrador, l'atikamekw de la Haute-Mauricie et les variétés cries de l'Ouest canadien. Les similitudes entre le naskapi et l'innu-aimun sont particulièrement marquées, au point que certaines classifications les traitent comme des variétés étroitement apparentées d'un même ensemble ; le naskapi possède cependant des traits phonologiques et lexicaux propres et un usage écrit distinct, fondé sur le syllabique.

Son code ISO 639-3 est nsk. Il ne comporte pas de subdivision dialectale reconnue dans les répertoires courants, ce qui s'explique en partie par la concentration de ses locuteurs dans une seule communauté.

Aire linguistique et communauté

Le naskapi est parlé au Québec, dans la région nordique située à la limite du Labrador. La nation naskapie y compte un seul village, Kawawachikamach, établi à environ quinze kilomètres de Schefferville. Cette situation fait du naskapi un cas de forte territorialité linguistique : la langue coïncide très étroitement avec une communauté et un territoire déterminés.

Le profil des nations publié par le gouvernement du Québec indique que la langue naskapie est parlée par l'ensemble de la population de la communauté et que l'anglais en constitue la langue seconde.

Les effectifs de la nation varient selon les sources et les millésimes de publication : le portrait gouvernemental fait état d'environ 1 612 personnes, tandis qu'un document de synthèse plus ancien mentionnait 1 130 personnes. Ces écarts traduisent l'évolution démographique et les mises à jour successives des registres. Le nombre de locuteurs du naskapi est pour sa part estimé à environ 1 200.

Kawawachikamach se trouve à proximité de la frontière du Labrador.

Écriture

Le naskapi s'écrit au moyen d'une écriture syllabique, dérivée du système syllabique employé pour les langues cries et adapté aux particularités phonologiques du naskapi. Chaque caractère y représente une syllabe, sa forme indiquant la consonne et son orientation la voyelle qui suit.

Le syllabique constitue un système d’écriture propre au naskapi, distinct de l’orthographe latine employée pour l’innu-aimun voisin.

Le registre des langues autochtones de Savoirs.Québec répertorie 1 601 entrées lexicales pour le naskapi.

Vitalité, locuteurs et transmission

Le naskapi est considéré comme une langue vigoureuse. Il compte environ 1 200 locuteurs, concentrés à Kawawachikamach. Le facteur déterminant de cette vitalité n'est pas le nombre absolu de locuteurs, faible à l'échelle canadienne, mais le taux de transmission intergénérationnelle, décrit comme très élevé : les enfants acquièrent le naskapi comme langue première et l'emploient dans les échanges quotidiens.

Les sources gouvernementales décrivent une langue parlée par toute la population de la communauté. Le naskapi est d’usage généralisé dans la communauté, tandis que l’anglais y est employé comme langue seconde.

La forte concentration géographique des locuteurs favorise un réseau local d’usage dense.

Comparé aux autres langues algonquiennes du Québec, le naskapi se situe, avec le cri de l'Est, l'innu-aimun et l'atikamekw, dans le groupe des langues à transmission soutenue, par contraste avec l'algonquin et le mi'kmaq, classés comme langues en danger.

Statut et contexte institutionnel

La langue naskapie s’inscrit dans le contexte institutionnel de la nation naskapie et de ses institutions locales à Kawawachikamach.

L'Office québécois de la langue française rappelle dans ses fiches terminologiques que le Québec ne compte qu'une seule communauté naskapie, située à proximité de la frontière du Labrador. Le Secrétariat aux relations avec les Premières Nations et les Inuit du gouvernement du Québec publie pour sa part un portrait des onze nations autochtones du Québec, dans lequel la nation naskapie et sa langue figurent.

Repères historiques

Le terme « Naskapi » est une désignation ancienne, longtemps appliquée de l'extérieur à des groupes chasseurs de caribous de l'intérieur de la péninsule du Québec-Labrador. Ces populations, apparentées aux Innus, ont maintenu un mode de vie fondé sur la chasse au caribou migrateur, notamment aux troupeaux de la rivière George.

La communauté naskapie contemporaine est établie à Kawawachikamach, où se concentre la majorité des locuteurs de la langue.

La mise au point d'une écriture syllabique adaptée et la production d'outils lexicographiques au cours des dernières décennies ont doté la langue de ressources écrites propres, distinctes de celles des langues voisines. Ces repères historiques éclairent la situation actuelle : une langue de tradition orale liée au territoire de chasse, devenue aussi une langue écrite d'usage administratif et scolaire, toujours transmise aux enfants.

Sources

  1. Gouvernement du Québec — Profil des nations : Naskapis
  2. Gouvernement du Québec — Profile of the Nations: Naskapi
  3. Office québécois de la langue française — Vitrine linguistique, fiche « Naskapi »
  4. Secrétariat aux relations avec les Premières Nations et les Inuit — Portrait des nations autochtones du Québec, 2e édition
  5. Carte des Premières Nations et Inuit du Québec
  6. CISSS de la Côte-Nord — Lexique terminologique, juin 2024
  7. L'aménagement linguistique dans le monde — Autochtones du Québec (Université Laval)
  8. Publications du gouvernement du Canada — Naskapi Band of Quebec
  9. Omniglot — Naskapi language and alphabet
  10. 7000 Languages — Naskapi
  11. Le Devoir — Les langues autochtones aujourd'hui
  12. Savoirs.Québec — Registre des langues autochtones (fiche nsk)
  13. Wikipédia — Naskapi (langue)

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Wikipedia anglophone – Naskapi language
  2. Naskapis — Wikipédia
  3. Lingua naskapi - Wikipedia
  4. ILAC_book6
  5. Idioma naskapi - Wikipedia, la enciclopedia libre
  6. Langues amérindiennes :le innu naskapi (Innu-Aimun)
  7. Nanai – The golden language of Siberia
  8. Portrait des nations autochtones du Québec – 2e édition

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 · Comité — OpenAI — GPT 5.6 Sol · Comité — Anthropic — Claude Opus 5 · Arbitrage — GPT 5.6 Sol

Mots-clés : naskapi, langue algonquienne, kawawachikamach, schefferville, syllabique, langues autochtones du québec, iyuw iyimuun, vitalité linguistique

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