Origines et débuts
William Lamothe naît à Saint-Hyacinthe, en Montérégie, le 27 janvier 1920. Il se fait connaître sous le nom de Willie Lamothe, qu'il conserve pendant toute sa carrière. Musicien polyvalent, il chante, compose, joue de la guitare et de l'harmonica, instruments caractéristiques de la tradition western qu'il contribue à implanter dans la chanson québécoise.
Ses premiers pas se font dans le contexte de l'essor de la musique country et western au Québec durant les années 1940. Ce répertoire, venu des États-Unis par la radio, le disque et le cinéma, trouve alors un public important dans les milieux ruraux et ouvriers. Des interprètes québécois commencent à l'adapter en français, et Willie Lamothe se distingue rapidement parmi eux par un personnage de cowboy affirmant son ancrage canadien-français.
C'est au milieu des années 1940 qu'il réalise ses premiers enregistrements pour la maison de disques RCA, étape que le Bilan du siècle de l'Université de Sherbrooke retient comme un jalon de l'histoire musicale du Québec.
Premiers succès
Les chansons « Je suis un cowboy canadien » et « Je chante à cheval » assurent la notoriété de Willie Lamothe auprès du public québécois. Leur titre même résume la démarche de l'artiste : reprendre l'imaginaire du cowboy américain, avec ses chevauchées, ses grands espaces et sa chanson de plein air, tout en l'exprimant en français et en le rattachant à une identité canadienne.
D'autres titres s'ajoutent à son répertoire populaire, notamment « Allô, allô, petit Michel », qui figure parmi ses succès les plus connus.
Ses enregistrements circulent sur disque et à la radio, médias qui jouent un rôle déterminant dans la diffusion du country-western francophone. Les discographies spécialisées, comme celle de Disqu-o-Québec, recensent de nombreuses parutions sous son nom, dont certaines avec sa formation, Willie Lamothe et ses Cavaliers des Plaines.
Par ces premiers succès, il devient l'un des noms associés à la naissance d'un courant musical qui demeure vivant au Québec, avec ses festivals, ses interprètes et son public fidèle.
Carrière musicale
Au fil de sa carrière, Willie Lamothe écrit ses propres chansons et adapte en français des succès du répertoire country américain. Les ouvrages de référence divergent quant au nombre exact de ses compositions et adaptations, mais tous soulignent l'ampleur de sa production.
Il mène une carrière active sur plusieurs fronts :
- la radio, où il se produit et contribue à populariser le genre ;
- la tournée, à Montréal et dans de nombreuses localités du Québec, où le spectacle western rassemble un public populaire ;
- le disque, avec une production soutenue sur plusieurs décennies.
Willie Lamothe chante également à Nashville, au Tennessee, capitale de l'industrie country. Les travaux universitaires consacrés aux enregistrements francophones réalisés dans cette ville entre 1967 et 1976, publiés dans OpenEdition Journals, situent sa présence dans un mouvement plus large par lequel des artistes québécois et francophones ont cherché à s'associer au son et aux musiciens de Music City.
Son parcours fait l'objet d'études, dont une thèse de l'Université Laval consacrée au country-western au Québec, qui examine la place de ce répertoire dans la culture populaire québécoise.
Télévision et cinéma
De 1970 à 1976, Willie Lamothe anime et présente Le Ranch à Willie, émission diffusée par Télé-Métropole, à Montréal. Le programme offre une vitrine télévisuelle au country-western québécois et accroît la visibilité de l'artiste auprès d'un large auditoire.
Parallèlement, il fait carrière comme comédien au cinéma. Il apparaît notamment dans La Mort d'un bûcheron (1973), film de Gilles Carle, et dans Mustang. Ces rôles prolongent son personnage public et l'inscrivent dans le cinéma québécois des années 1970, période de forte production nationale.
En 1971, l'Office national du film du Canada réalise le documentaire Je chante à cheval avec Willie Lamothe, consacré à l'artiste et à sa carrière. Le film, toujours accessible dans la collection de l'ONF, constitue un témoignage sur l'univers du spectacle western au Québec à cette époque.
Cette présence simultanée sur scène, à la télévision et à l'écran fait de Willie Lamothe l'une des personnalités populaires les plus reconnaissables du milieu du spectacle québécois de son temps.
Distinctions et dernières années
En 1979, Willie Lamothe est nommé membre de l'Ordre du Canada, distinction qui reconnaît sa contribution à la musique populaire et au rayonnement de la chanson country de langue française.
Les sources biographiques rapportent qu'une thrombose cérébrale l'éloigne de la scène. Il ne se retire toutefois pas complètement de la vie publique et fait par la suite quelques apparitions.
Willie Lamothe meurt le 19 octobre 1992, à l'âge de 72 ans.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1920 | Naissance à Saint-Hyacinthe (27 janvier) |
| Milieu des années 1940 | Premiers enregistrements pour RCA |
| 1970-1976 | Animation de Le Ranch à Willie à Télé-Métropole |
| 1971 | Documentaire de l'ONF Je chante à cheval avec Willie Lamothe |
| 1973 | Rôle dans La Mort d'un bûcheron |
| 1979 | Nomination à l'Ordre du Canada |
| 1992 | Décès (19 octobre) |
Héritage
Willie Lamothe est généralement considéré comme l'un des pionniers et l'une des figures de proue de la musique country et western au Québec. Radio-Canada le présente comme « le cowboy québécois » et comme le « roi de la musique western au Québec », formules qui traduisent la place qu'il occupe dans la mémoire collective.
Son apport tient à plusieurs éléments :
- l'adaptation en français d'un genre d'origine américaine, qui a facilité son appropriation par le public québécois ;
- la création d'un personnage de cowboy canadien-français, devenu emblématique ;
- la diffusion du country-western à la radio, à la télévision et au cinéma.
Sa mémoire est entretenue par diverses initiatives, dont l'hommage Chapeau Willie! : un hommage à Willie Lamothe, recensé dans la Bibliographie du Québec de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Les archives de Radio-Canada, les fonds de l'ONF et les discographies spécialisées conservent également la trace de son œuvre.
Son nom demeure associé à Saint-Hyacinthe, sa ville natale, et plus largement à l'histoire de la chanson populaire québécoise du XXe siècle.