Histoire
La Fédération est fondée en 1987, dans le contexte du regroupement de plusieurs organisations syndicales représentant les infirmières du réseau public québécois. Elle porte alors le nom de Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ), ce qui reflète une représentation centrée sur la profession infirmière.
Au cours de ses premières années, l'organisation participe à plusieurs conflits de travail marquants du secteur public de la santé, notamment les grèves des infirmières de 1989 et de 1999, menées dans le cadre des négociations des conventions collectives avec le gouvernement du Québec. Ces mobilisations ont contribué à faire des conditions de travail et de la charge de travail en soins infirmiers des enjeux publics durables.
La réorganisation des unités d'accréditation syndicale dans le réseau de la santé et des services sociaux au cours des années 2000 a conduit la Fédération à représenter d'autres catégories de personnel liées aux soins infirmiers et cardiorespiratoires, notamment les infirmières auxiliaires, les inhalothérapeutes et les perfusionnistes cliniques. Ce changement de composition s'est traduit par l'adoption du nom actuel, Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, qui met l'accent sur le caractère interprofessionnel de l'organisation.
Depuis, la FIQ demeure l'une des principales organisations syndicales du réseau québécois de la santé et prend part aux rondes successives de négociation du secteur public.
Mission et orientations
Selon la présentation qu'en fait l'organisation, la mission de la FIQ consiste à défendre les intérêts de ses membres, mais aussi ceux des patientes et patients et du réseau public de santé québécois. Cette triple orientation se reflète dans ses interventions publiques, qui portent tant sur les conditions de travail que sur l'organisation des soins.
Les statuts et règlements de la Fédération précisent que ses objectifs comprennent :
- la représentation de ses membres ;
- la défense de leurs intérêts économiques, professionnels et sociaux ;
- la promotion des orientations politiques et syndicales définies par ses instances.
La FIQ se décrit également comme une organisation féministe. Ses membres sont composés à environ 90 % de femmes, une proportion qui correspond à la forte féminisation des professions de soins infirmiers et cardiorespiratoires au Québec. Cette composition influence ses prises de position sur des enjeux comme la conciliation travail-famille, l'équité salariale et la santé et la sécurité au travail.
La Fédération intervient aussi dans le débat public sur les finances et les politiques de santé, notamment par le dépôt de mémoires lors des consultations prébudgétaires du ministère des Finances du Québec, comme celui présenté dans le cadre de la préparation du budget 2026-2027.
Membres et champs de représentation
La FIQ regroupe des salariées affectées aux soins infirmiers et cardiorespiratoires. Ses membres appartiennent principalement à quatre groupes professionnels :
| Groupe professionnel | Domaine |
|---|---|
| Infirmières et infirmiers | Soins infirmiers |
| Infirmières et infirmiers auxiliaires | Soins infirmiers |
| Inhalothérapeutes | Soins cardiorespiratoires |
| Perfusionnistes cliniques | Soins cardiorespiratoires |
Effectifs
Les pages institutionnelles de la Fédération et son mémoire prébudgétaire 2026-2027 font état de près de 90 000 membres. Ce chiffre, qui évolue au gré des accréditations et des effectifs du réseau, doit être lu en fonction de sa date de publication.
Secteurs
La majorité des membres travaille dans les établissements du réseau public de la santé et des services sociaux. Les statuts de la Fédération prévoient toutefois que celle-ci peut aussi regrouper des travailleuses d'établissements privés et privés conventionnés, notamment dans le secteur de l'hébergement et des soins de longue durée.
Les membres exercent pour la plupart des professions encadrées par des ordres professionnels régis par le Code des professions du Québec, comme l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, l'Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec et l'Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec. La FIQ, en tant que syndicat, se distingue de ces ordres, dont la mission est la protection du public.
Structure et gouvernance
Le siège social de la Fédération est situé à Montréal. L'organisation fonctionne selon une structure fédérative : elle regroupe des syndicats affiliés présents dans les établissements de santé des différentes régions du Québec, lesquels assurent la représentation locale des membres.
Selon ses statuts et règlements, le congrès constitue l'autorité suprême de la Fédération. Il est notamment chargé de se prononcer sur :
- les orientations politiques et syndicales de l'organisation ;
- les priorités de la Fédération ;
- les questions statutaires relevant de sa compétence.
Entre les congrès, d'autres instances prévues aux statuts assurent la mise en œuvre des décisions et l'administration courante de l'organisation, sous la direction d'un comité exécutif dirigé par une présidence élue.
Cette structure permet d'articuler les enjeux locaux, propres à chaque établissement ou région, avec les grandes orientations nationales, en particulier lors des négociations des conventions collectives du secteur public, qui se déroulent à l'échelle du Québec.
Négociations et relations de travail
La FIQ est une partie syndicale aux négociations du secteur de la santé et des services sociaux. Dans le régime québécois de négociation du secteur public, les conditions de travail des salariées du réseau sont négociées entre les organisations syndicales et la partie patronale, représentée pour ce secteur par le Comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux (CPNSSS).
Le CPNSSS répertorie les ententes conclues avec la FIQ depuis 2010. Ces ententes portent sur les dispositions des conventions collectives applicables aux membres de la Fédération, notamment la rémunération, les horaires, les congés, l'organisation du travail et les mesures relatives à la charge de travail.
Au fil des rondes de négociation, les revendications de la Fédération ont porté de manière récurrente sur :
- les ratios professionnelles en soins et patients ;
- le recours au temps supplémentaire, en particulier le temps supplémentaire obligatoire ;
- la stabilité des postes et des équipes de soins ;
- l'attraction et la rétention du personnel dans le réseau public.
Ces enjeux, souvent présentés par l'organisation comme indissociables de la qualité et de la sécurité des soins offerts à la population, situent la FIQ au cœur des débats sur la pénurie de personnel dans le réseau québécois de la santé.
Place dans le réseau de la santé
Par le nombre et la nature de ses membres, la FIQ occupe une place importante dans le réseau québécois de la santé et des services sociaux. Les professionnelles qu'elle représente assurent une part essentielle des soins directs offerts dans les centres hospitaliers, les centres d'hébergement et de soins de longue durée, les CLSC et les autres installations du réseau.
La Fédération intervient régulièrement auprès du gouvernement du Québec et de l'Assemblée nationale lors des réformes du système de santé, en présentant des mémoires et des avis sur les projets de loi et les orientations budgétaires. Ses interventions portent notamment sur le financement du réseau public, l'organisation du travail, la place du secteur privé dans la prestation des soins et la reconnaissance des compétences professionnelles de ses membres.
Sa défense déclarée du réseau public distingue son discours de la seule représentation des intérêts professionnels : l'organisation lie explicitement les conditions de travail de ses membres à l'accessibilité et à la qualité des soins pour la population québécoise.