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Droit et lois

Loi concernant les conventions collectives des constables spéciaux et des gardes du corps du gouvernement du Québec

La Loi concernant les conventions collectives des constables spéciaux et des gardes du corps du gouvernement du Québec est issue du projet de loi no 33 de la 1re session de la 43e législature de l'Assemblée nationale du Québec. Présentée le 13 septembre 2023 par Sonia LeBel, présidente du Conseil du trésor, elle a été sanctionnée le 5 octobre 2023 et constitue le chapitre 22 des lois de 2023. Elle autorise le gouvernement à approuver des conventions collectives d'une durée supérieure à trois ans pour ces deux groupes d'employés de l'État.

Contexte

Les constables spéciaux et les gardes du corps du gouvernement du Québec font partie du personnel de l'État chargé de fonctions de sécurité. Les constables spéciaux assurent notamment la sécurité dans les édifices gouvernementaux, comme en témoigne l'intitulé de leur convention de travail publiée par le Secrétariat du Conseil du trésor. Les gardes du corps du gouvernement forment un groupe distinct, régi par sa propre convention collective.

Les conditions de travail de ces groupes sont établies selon un mécanisme particulier : des recommandations sont formulées par un comité paritaire et conjoint, puis soumises à l'approbation du gouvernement. Or, le cadre législatif applicable limitait à trois ans la durée des conventions collectives ainsi établies.

La convention collective des constables spéciaux précédente avait pris fin le 31 mars 2020. Le renouvellement des conditions de travail pour la période suivante supposait l'adoption d'une convention dont la durée excédait la limite légale de trois ans. Le gouvernement a donc soumis à l'Assemblée nationale, en septembre 2023, un projet de loi visant expressément à autoriser cette dérogation pour les constables spéciaux et pour les gardes du corps.

Objet et contenu

La loi a un objet circonscrit. Elle ne contient pas le texte des conventions collectives elles-mêmes, mais habilite le gouvernement à approuver les recommandations du comité paritaire et conjoint malgré la limite de durée de trois ans prévue par le Code du travail.

Elle comporte deux volets principaux :

  • Constables spéciaux : le gouvernement peut approuver les recommandations relatives à la convention collective qui succède à celle échue le 31 mars 2020, même si la durée de cette convention dépasse trois ans, à la condition qu'elle prenne fin au plus tard le 31 mars 2028.
  • Gardes du corps du gouvernement : une disposition distincte permet d'approuver les recommandations relatives à la convention collective de ces employés malgré la même limite de trois ans, pourvu que la convention prenne fin au plus tard le 31 mars 2032.

La loi fixe ainsi des échéances maximales plutôt qu'une durée déterminée. Elle laisse au processus de négociation et d'approbation le soin d'arrêter le contenu des conditions de travail, notamment la rémunération, les horaires et les avantages sociaux.

La loi est entrée en vigueur le jour de sa sanction, soit le 5 octobre 2023.

Cheminement parlementaire

Le projet de loi no 33 a été présenté à l'Assemblée nationale par Sonia LeBel, députée de Champlain (Coalition avenir Québec), alors ministre responsable de l'Administration gouvernementale et présidente du Conseil du trésor. Il a franchi toutes les étapes du processus législatif en un peu plus de trois semaines.

ÉtapeDate
Présentation13 septembre 2023
Adoption du principe20 septembre 2023
Étude détaillée en commission27 septembre 2023
Dépôt du rapport de commission (étude détaillée)28 septembre 2023
Prise en considération du rapport de commission3 octobre 2023
Adoption4 octobre 2023
Sanction5 octobre 2023

Une fois sanctionnée, la loi a été intégrée au recueil des lois annuelles sous la désignation « 2023, chapitre 22 ». Son texte a été publié à la Gazette officielle du Québec le 1er novembre 2023.

Mise en application

À la suite de l'adoption de la loi, le gouvernement a approuvé une nouvelle convention de travail pour les constables spéciaux affectés à la sécurité dans les édifices gouvernementaux. Le Secrétariat du Conseil du trésor publie cette convention, qui couvre la période de 2020 à 2028. Son échéance correspond à la date limite du 31 mars 2028 autorisée par la loi.

La durée de cette convention, de l'ordre de huit ans, s'explique notamment par le fait qu'elle couvre rétroactivement la période ouverte par l'expiration de la convention précédente, le 31 mars 2020.

Pour les gardes du corps du gouvernement, la loi autorise une échéance plus lointaine, fixée au plus tard au 31 mars 2032. Cette date constitue un plafond légal : la durée effective de la convention dépend des recommandations du comité paritaire et conjoint et de leur approbation par le gouvernement.

Les conventions collectives du personnel de la fonction publique québécoise, dont celles des constables spéciaux, sont rendues publiques par le gouvernement du Québec dans la section consacrée aux conventions collectives des secteurs public et parapublic.

Portée juridique

La loi constitue une loi d'exception de portée limitée. Elle ne modifie pas de façon permanente la règle générale de la durée maximale de trois ans des conventions collectives : elle y déroge uniquement pour deux conventions déterminées et dans des limites temporelles précises.

Cette technique législative, fréquente en droit du travail du secteur public québécois, permet au législateur d'encadrer une situation particulière sans remettre en cause le régime général établi par le Code du travail. La dérogation est assortie de dates butoirs explicites, ce qui empêche son utilisation au-delà des conventions visées.

La loi relève de la compétence de l'Assemblée nationale en matière de relations de travail avec le personnel de l'État québécois. Elle s'inscrit dans le cadre de gestion des ressources humaines de l'administration publique assumé par le Conseil du trésor, qui agit à titre d'employeur au nom du gouvernement dans la négociation des conditions de travail de la fonction publique.

Les dispositions de la loi, propres à des conventions dont l'échéance est fixée, n'ont pas vocation à s'appliquer aux renouvellements ultérieurs, qui demeurent soumis au régime général à moins d'une nouvelle intervention législative.

Sources

  1. Assemblée nationale du Québec, Projet de loi no 33 (43e législature, 1re session)
  2. Éditeur officiel du Québec, Lois de 2023, chapitre 22
  3. Gazette officielle du Québec, 1er novembre 2023
  4. Secrétariat du Conseil du trésor, Convention de travail des constables spéciaux dans les édifices gouvernementaux, 2020-2028
  5. Secrétariat du Conseil du trésor, Convention collective de travail des constables spéciaux à la sécurité (convention antérieure)
  6. Gouvernement du Québec, Conventions collectives
  7. Gouvernement du Québec, Constable spéciale ou constable spécial
  8. Assemblée nationale du Québec, Projets de loi de la 43e législature, 1re session
  9. Assemblée nationale du Québec, fiche de la députée Sonia LeBel

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. sécurité communautaire et les services policiers (Loi de 2019 sur la), L.O. 2019, chap. 1, annexe 1
  2. [PDF] Emploi de constable spécial - Gouvernement du Québec

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

Mots-clés : projet de loi 33, constables spéciaux, gardes du corps, conventions collectives, conseil du trésor, code du travail, fonction publique québécoise, 43e législature

Processus éditorial

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