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Droit et lois

Projet de loi 51 — Loi modernisant l’industrie de la construction

Le projet de loi n° 51, intitulé Loi modernisant l’industrie de la construction, est une loi québécoise présentée le 1er février 2024 par Jean Boulet, ministre du Travail, au cours de la 1re session de la 43e législature. Adoptée le 23 mai 2024 et sanctionnée le 28 mai 2024 (Lois du Québec 2024, chapitre 19), elle modifie principalement la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction. Elle vise à accroître la polyvalence et la mobilité de la main-d’œuvre, à revoir le processus de négociation collective et à élargir l’accès à l’industrie.

Contexte

L’industrie de la construction au Québec est régie par un régime législatif particulier, établi par la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction (souvent désignée par sa cote, R-20). Ce régime encadre notamment la représentativité syndicale, la négociation des conventions collectives sectorielles, la formation et la qualification professionnelles ainsi que le placement de la main-d’œuvre. La Commission de la construction du Québec (CCQ) en assure l’administration.

Le projet de loi n° 51 a été présenté par le gouvernement de la Coalition avenir Québec dans le but de moderniser ce cadre. Selon le gouvernement du Québec, la réforme visait à aider l’industrie à mieux répondre aux besoins de la population québécoise, notamment en matière de réalisation de projets de construction, dans un contexte de besoins importants en main-d’œuvre.

Le projet de loi était parrainé par Jean Boulet, député de Trois-Rivières et ministre du Travail.

Cheminement parlementaire

Le projet de loi a franchi l’ensemble des étapes du processus législatif de l’Assemblée nationale du Québec en un peu moins de quatre mois.

ÉtapeDate
Présentation1er février 2024
Consultations particulières12 mars 2024
Dépôt du rapport de commission (consultation)20 mars 2024
Adoption du principe21 mars 2024
Étude détaillée en commission27 mars 2024
Dépôt du rapport de commission (étude détaillée)21 mai 2024
Prise en considération du rapport de commission22 mai 2024
Adoption23 mai 2024
Sanction28 mai 2024

La loi a été publiée sous la référence 2024, chapitre 19 dans le recueil des lois annuelles de l’Éditeur officiel du Québec, puis dans la Gazette officielle du Québec du 3 juillet 2024. Une version anglaise, An Act to modernize the construction industry, a également été publiée.

Objectifs et orientations

La loi poursuit plusieurs objectifs généraux :

  • accroître la souplesse et la polyvalence sur les chantiers, en modifiant certaines règles relatives à l’exercice des métiers ;
  • faciliter la mobilité de la main-d’œuvre entre les régions du Québec ;
  • améliorer l’accès à l’industrie des femmes et des personnes issues de groupes sous-représentés ;
  • revoir le processus de négociation collective propre au secteur ;
  • réviser certaines règles de gouvernance et certaines responsabilités de la Commission de la construction du Québec.

Ces orientations se traduisent par des modifications apportées principalement à la loi R-20, qui demeure le texte de référence de l’industrie. Le texte sanctionné constitue la source juridique faisant autorité quant à la portée exacte des dispositions adoptées.

Négociation collective et relations du travail

La loi modifie le déroulement de la négociation des conventions collectives sectorielles de l’industrie de la construction. Elle avance notamment certaines échéances du processus et oblige les parties à transmettre par écrit leurs demandes et leurs propositions dès le début des négociations.

Elle prévoit en outre un recours devant le Tribunal administratif du travail lorsqu’une partie manque à son obligation de négocier avec diligence et bonne foi.

Sur le plan institutionnel, la loi crée un comité des relations du travail dans l’industrie de la construction. Elle élimine aussi, dans certaines situations, l’obligation d’obtenir l’autorisation préalable de la Commission de la construction du Québec avant de recourir à l’arbitrage de griefs, ce qui modifie l’accès à ce mode de règlement des différends découlant de l’application des conventions collectives.

Main-d’œuvre, formation et qualification

Plusieurs dispositions portent sur la gestion de la main-d’œuvre et la qualification professionnelle.

Reconnaissance des compétences

La loi établit un cadre permettant à la Commission de la construction du Québec d’adopter des normes et une procédure de reconnaissance des formations et des diplômes obtenus à l’extérieur du Québec. Cette mesure vise à faciliter l’intégration de travailleurs formés ailleurs.

Polyvalence et mobilité

La loi modifie des règles liées à la polyvalence de certains métiers, afin de permettre une plus grande flexibilité dans l’exécution des travaux. Elle contient aussi des mesures destinées à faciliter le déplacement de la main-d’œuvre d’une région à l’autre du Québec.

Placement et sanctions

La loi apporte des changements aux règles encadrant le service de référence de main-d’œuvre, mécanisme par lequel la main-d’œuvre est référée aux employeurs de l’industrie. Elle révise également certaines amendes prévues au régime pénal de la loi R-20.

Consultations et réception

Lors des consultations particulières tenues à compter du 12 mars 2024, divers organismes ont soumis des mémoires à l’Assemblée nationale. Parmi ceux-ci figurent :

  • la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qui a examiné le projet de loi sous l’angle des droits de la personne, notamment en lien avec l’accès à l’industrie ;
  • la Fédération des chambres de commerce du Québec ;
  • l’Association de la construction du Québec, qui représente des entrepreneurs du secteur ;
  • des organisations syndicales, dont le Local 9.

Ces mémoires présentent les recommandations et les critiques des acteurs concernés. Ils éclairent les débats entourant la réforme, mais n’ont pas de valeur normative : seul le texte sanctionné constitue le droit applicable.

Entrée en vigueur

Selon l’Assemblée nationale du Québec, la loi est entrée en vigueur de façon générale le 28 mai 2024, date de sa sanction, sous réserve d’exceptions prévues dans le texte. Certaines dispositions sont ainsi assorties de dates d’entrée en vigueur différées ou dépendent de mesures réglementaires ou administratives subséquentes, notamment celles qui confient à la Commission de la construction du Québec l’élaboration de normes.

Les dispositions de la loi ayant modifié des lois existantes sont intégrées aux versions refondues de ces lois, consultables sur le site de LégisQuébec, tandis que le texte original demeure disponible dans le recueil des lois annuelles de 2024.

Sources

  1. Assemblée nationale du Québec, Projet de loi n° 51, Loi modernisant l’industrie de la construction (43e législature, 1re session)
  2. Éditeur officiel du Québec, Loi modernisant l’industrie de la construction, 2024, chapitre 19
  3. Éditeur officiel du Québec, Bill 51, An Act to modernize the construction industry (2024, chapter 19)
  4. Gazette officielle du Québec, 3 juillet 2024, projet de loi n° 51
  5. Gazette officielle du Québec, Partie 2 (version anglaise), Bill 51
  6. Gouvernement du Québec, Adoption du projet de loi n° 51
  7. Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Mémoire sur le projet de loi n° 51
  8. Fédération des chambres de commerce du Québec, Mémoire sur le projet de loi n° 51
  9. Association de la construction du Québec, Mémoire sur le projet de loi n° 51
  10. Assemblée nationale du Québec, Mémoire du Local 9 déposé dans le cadre du projet de loi n° 51
  11. Savoirs.Québec, registre des projets de loi de l’Assemblée nationale

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

Mots-clés : industrie de la construction, projet de loi 51, commission de la construction du québec, relations du travail, négociation collective, main-d’œuvre, polyvalence, jean boulet

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