Géographie
Les îles de Boucherville se trouvent dans le fleuve Saint-Laurent, à l'est du chenal qui longe l'île de Montréal, en face de la rive sud et de la ville de Boucherville. Elles font partie de la région administrative de la Montérégie et de l'agglomération de Longueuil.
Le groupe principal s'étire sur environ 8 km. Les îles sont séparées les unes des autres par des chenaux étroits ; certaines sont aujourd'hui presque soudées à la suite des travaux liés à la construction du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, ouvert en 1967, qui relie l'île de Montréal à la rive sud en passant par l'archipel.
Principales îles
- île Sainte-Marguerite ;
- île Saint-Jean ;
- île à Pinard ;
- île de la Commune ;
- île Grosbois ;
- île aux Raisins ;
- île Charron.
Les cinq premières constituent le cœur du parc national, qui comprend aussi l'île aux Raisins. L'île Charron est également rattachée à l'archipel par la Commission de toponymie du Québec. Le relief est très bas, caractéristique des îles fluviales des Basses-Terres du Saint-Laurent, et le paysage alterne entre prairies, boisés riverains, marais et herbiers aquatiques.
Toponymie
L'appellation « îles de Boucherville » rattache l'archipel à la seigneurie et à la ville de Boucherville, situées sur la rive sud du fleuve. Ce nom évoque Pierre Boucher, fondateur de Boucherville et figure marquante de la Nouvelle-France.
Selon la Commission de toponymie du Québec, les îles étaient anciennement désignées collectivement sous le nom d'« Îles Percées ». La forme anglaise « Boucherville Islands » apparaît sur une carte marine de 1858, ce qui témoigne de l'usage de la désignation actuelle au milieu du XIXe siècle.
Plusieurs noms d'îles rappellent l'occupation ancienne du territoire. L'île de la Commune doit son nom à son statut de terre commune, concédée aux habitants pour le pâturage des bestiaux. Le nom du parc national, Îles-de-Boucherville, reprend l'appellation de l'archipel sous une forme liée par des traits d'union, conformément à l'usage pour les noms d'entités administratives.
Histoire
Régime seigneurial
D'après la Commission de toponymie du Québec, Pierre Boucher concède les îles en 1664, à l'époque de l'établissement de la seigneurie de Boucherville. L'île de la Commune est alors concédée aux habitants pour servir de pâturage collectif, une pratique répandue dans la vallée du Saint-Laurent sous le Régime français.
Occupation agricole
Pendant plusieurs siècles, les îles demeurent un territoire essentiellement rural, consacré à l'élevage et à la culture. Leur position insulaire, à proximité de Montréal mais à l'écart de l'urbanisation, contribue à préserver un paysage agricole et des milieux riverains peu transformés.
Transformations du XXe siècle
La construction du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, ouvert en 1967, modifie une partie de l'archipel : certains chenaux sont remblayés ou réduits, de sorte que des îles autrefois distinctes deviennent presque contiguës.
En 1975, le gouvernement du Québec acquiert la majeure partie des îles, ouvrant la voie à leur protection. Le parc des Îles-de-Boucherville est créé en 1984 ; il fait aujourd'hui partie du réseau des parcs nationaux du Québec administré par la Sépaq.
Parc national des Îles-de-Boucherville
Le parc national des Îles-de-Boucherville est établi en 1984 en vertu de la Loi sur les parcs. Son règlement d'établissement et la documentation de la Sépaq lui attribuent une superficie de 8,14 km². Le parc est situé dans l'agglomération de Longueuil, principalement sur le territoire de la ville de Boucherville.
Il comprend les îles Grosbois, de la Commune, à Pinard, Saint-Jean et Sainte-Marguerite, ainsi que l'île aux Raisins. Sa mission est de protéger un échantillon représentatif des milieux naturels des Basses-Terres du Saint-Laurent tout en permettant des activités de découverte et de plein air compatibles avec la conservation.
Sa proximité avec l'île de Montréal en fait l'un des parcs nationaux les plus accessibles pour la population de la région métropolitaine. Les chenaux et les sentiers aménagés se prêtent notamment à la randonnée, au vélo et à la navigation non motorisée.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Création | 1984 |
| Superficie réglementaire | 8,14 km² |
| Gestionnaire | Sépaq |
| Agglomération | Longueuil |
Milieux naturels
Le parc protège une mosaïque de milieux terrestres, aquatiques et semi-aquatiques : prairies, friches, boisés riverains, marais, marécages et herbiers. Ces milieux, typiques des îles fluviales du Saint-Laurent, sont soumis aux variations saisonnières du niveau du fleuve, notamment lors des crues printanières.
Un document d'information ministériel sur le projet d'agrandissement du parc rapporte les résultats d'inventaires récents :
| Groupe | Nombre d'espèces recensées |
|---|---|
| Plantes vasculaires | 420 |
| Oiseaux | 170 |
| Poissons | 51 |
| Mammifères | 26 |
| Amphibiens | 7 |
| Reptiles | 6 |
La diversité des oiseaux s'explique en partie par la situation de l'archipel sur un corridor de migration important du Saint-Laurent. Les milieux humides offrent des aires d'alimentation, de repos et de nidification à la sauvagine et à de nombreux oiseaux migrateurs. Les herbiers et les chenaux peu profonds constituent pour leur part des habitats de fraie et d'alevinage pour plusieurs espèces de poissons du fleuve.
Projets de conservation
Agrandissement du parc national
Le gouvernement du Québec présente un projet de modification des limites du parc national des Îles-de-Boucherville. Il prévoit l'ajout d'un terrain d'environ 0,2 km² situé sur l'île Charron ainsi que deux retraits mineurs de lots. Si le projet est réalisé comme prévu, la superficie du parc atteindrait 8,34 km². Ces chiffres décrivent une modification projetée ; la superficie inscrite au règlement en vigueur demeure de 8,14 km².
Réserve nationale de faune envisagée
Distinctement, Environnement et Changement climatique Canada a fait état, en avril 2019, d'un projet visant la création potentielle d'une réserve nationale de faune regroupant neuf îles des environs, d'une superficie totale de près de 175 hectares. La documentation fédérale souligne l'importance de ces îles pour les oiseaux migrateurs et la sauvagine, ainsi que la présence d'habitat essentiel du Petit Blongios, petit héron des marais désigné en péril au Canada.
Ces initiatives, de compétence provinciale et fédérale, visent à consolider la protection d'un ensemble insulaire qui constitue l'un des derniers grands espaces naturels du fleuve dans la région de Montréal.
