Géographie
L'île Perrot fait partie de l'archipel d'Hochelaga, ensemble d'îles réunies autour de l'île de Montréal dans la plaine du Saint-Laurent. Elle se situe à l'extrémité sud-ouest de cet archipel, au point de rencontre de la rivière des Outaouais et du fleuve Saint-Laurent.
L'île est bordée au nord et au nord-ouest par les eaux reliées au lac des Deux Montagnes et, au sud, par le lac Saint-Louis, élargissement du fleuve Saint-Laurent. À l'est, un étroit chenal la sépare de la pointe ouest de l'île de Montréal, à la hauteur de Sainte-Anne-de-Bellevue ; à l'ouest, elle fait face à la terre ferme de Vaudreuil-Dorion.
Dimensions
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Longueur (axe ouest-est) | environ 11 km |
| Plus grande largeur | 4,8 km |
| Altitude maximale | plus de 55 m |
Sur le plan administratif, l'île appartient à la région administrative de la Montérégie et à la municipalité régionale de comté (MRC) de Vaudreuil-Soulanges. Elle fait également partie du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal. Plusieurs îles et îlots de moindre taille l'entourent, notamment l'île aux Pins, les îles de la Paix, l'île Sainte-Geneviève et les îles Saint-Gilles, historiquement rattachées à la même seigneurie.
Géologie et relief
Le relief de l'île Perrot est peu accentué, comme celui de l'ensemble de l'archipel d'Hochelaga, à l'exception du mont Royal. Son point culminant dépasse légèrement 55 m d'altitude, ce qui la place à quelques dizaines de mètres au-dessus du niveau des lacs qui l'entourent.
L'île repose sur un socle de roches sédimentaires appartenant aux Basses-terres du Saint-Laurent, composé principalement de grès et de dolomie. Ces formations paléozoïques sont recouvertes de dépôts meubles laissés par la dernière glaciation et par l'ancienne mer de Champlain, qui a envahi la vallée du Saint-Laurent après le retrait des glaces. Il en résulte des sols généralement sablonneux.
Ces sols légers ont favorisé l'agriculture aux premiers temps de la colonisation, puis se sont prêtés à l'urbanisation au XXe siècle. Les rives, découpées en pointes et en anses, comportent par endroits des affleurements rocheux et des milieux humides en bordure du lac Saint-Louis et des chenaux de l'Outaouais.
Toponymie
L'île porte le nom de François-Marie Perrot, gouverneur de Montréal, à qui elle a été concédée en seigneurie le 29 octobre 1672. Le nom de l'île est officialisé par la Commission de toponymie du Québec sous la forme « Île Perrot ».
Le nom a ensuite été repris par plusieurs entités :
- la seigneurie de l'Île-Perrot, entité territoriale du régime seigneurial ;
- la ville de L'Île-Perrot, municipalité occupant une partie de l'île ;
- la municipalité de Notre-Dame-de-l'Île-Perrot, qui en occupe une autre portion.
Il convient de distinguer l'île géographique, désignée par un générique en minuscule (« île Perrot »), de la ville de L'Île-Perrot, dont le nom s'écrit avec un article et un trait d'union selon les règles d'écriture des noms de municipalités. La ville ne couvre qu'une partie de l'île et ne se confond pas avec elle.
Histoire
Régime seigneurial
La seigneurie de l'Île-Perrot est concédée le 29 octobre 1672 à François-Marie Perrot, alors gouverneur de Montréal. Outre l'île principale, la concession englobe plusieurs îles voisines, dont l'île aux Pins, les îles de la Paix, l'île Sainte-Geneviève et les îles Saint-Gilles. Sa position, sur la route fluviale menant vers l'Outaouais et les Pays-d'en-Haut, en fait un lieu de passage pour les canots de la traite des fourrures.
Le peuplement de l'île demeure lent durant le régime français. L'historiographie québécoise a consacré une étude à cette période, couvrant les années 1672 à 1765, qui retrace la mise en valeur de la seigneurie et la formation de sa communauté rurale.
Développement ultérieur
Après la Conquête, l'île conserve longtemps un caractère agricole, organisé autour d'une paroisse catholique. L'abolition du régime seigneurial au milieu du XIXe siècle met fin au cadre juridique hérité de la Nouvelle-France.
L'aménagement de voies de communication reliant l'île à l'île de Montréal et à la terre ferme de Vaudreuil, notamment par des ponts routiers et ferroviaires, transforme progressivement le territoire. Au XXe siècle, et surtout après la Seconde Guerre mondiale, l'île devient un lieu de villégiature puis de banlieue résidentielle, ce qui conduit à la création de plusieurs municipalités distinctes.
Occupation du territoire
L'île Perrot est partagée entre quatre municipalités de la MRC de Vaudreuil-Soulanges :
| Municipalité | Situation générale sur l'île |
|---|---|
| L'Île-Perrot | partie est |
| Notre-Dame-de-l'Île-Perrot | partie sud et ouest, la plus étendue |
| Pincourt | partie nord |
| Terrasse-Vaudreuil | partie nord-ouest |
L'occupation du sol est majoritairement résidentielle, avec des secteurs commerciaux concentrés le long des grands axes routiers. Des terres agricoles, des boisés et des milieux naturels subsistent, en particulier dans la portion occupée par Notre-Dame-de-l'Île-Perrot.
L'île est traversée par l'autoroute 20 et par des voies ferrées qui la relient, d'une part, à l'île de Montréal et, d'autre part, à Vaudreuil-Dorion. Cette position sur un corridor de transport majeur entre Montréal et l'Ontario explique en grande partie son intégration à l'agglomération montréalaise. Les rives donnent accès au lac Saint-Louis et aux plans d'eau de l'Outaouais, utilisés pour la navigation de plaisance et les loisirs nautiques.
Démographie
La population de l'île correspond à la somme de celles de ses quatre municipalités. Les données du recensement de Statistique Canada sont publiées par municipalité et non pour l'île dans son ensemble.
Recensement de 2021
| Municipalité | Population (2021) |
|---|---|
| L'Île-Perrot | 11 638 |
| Notre-Dame-de-l'Île-Perrot | 11 427 |
Ces deux municipalités totalisent à elles seules plus de 23 000 habitants en 2021, auxquels s'ajoutent les populations de Pincourt et de Terrasse-Vaudreuil. L'île compte ainsi parmi les secteurs les plus peuplés de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, région qui a connu une croissance démographique soutenue au cours des dernières décennies en raison de sa proximité avec Montréal.

