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Géographie

Rivière des Prairies

La rivière des Prairies est un bras fluvial du sud-ouest du Québec qui sépare l'île de Montréal, au sud, de l'île Jésus, occupée par la ville de Laval, au nord. Exutoire du lac des Deux Montagnes, elle s'écoule vers le nord-est sur environ 51 km avant de rejoindre le fleuve Saint-Laurent, à la hauteur de Repentigny. Connue de Samuel de Champlain dès 1615, elle a longtemps été un obstacle à la navigation à cause de ses rapides. Ce courant a ensuite alimenté des moulins, puis une centrale hydroélectrique.

Riviere Prairies
Photographie : Riviere Prairies. P199 (CC BY-SA 3.0) Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0

Géographie

La rivière des Prairies fait partie du réseau de chenaux par lesquels les eaux de la rivière des Outaouais, réunies dans le lac des Deux Montagnes, gagnent le fleuve Saint-Laurent. Avec la rivière des Mille Îles, plus au nord, elle encadre l'île Jésus. Elle délimite aussi la rive nord de l'île de Montréal.

Son cours, orienté vers le nord-est, mesure environ 51 km selon une étude du Centre d'expertise hydrique du Québec. Il prend naissance dans le secteur de l'île Bizard, à la sortie du lac des Deux Montagnes. La rivière longe ensuite les quartiers nord de Montréal et la rive sud de Laval. Elle se jette dans le Saint-Laurent à l'extrémité est de l'île de Montréal, face à Charlemagne et à Repentigny. Dans ce secteur convergent aussi les eaux de la rivière des Mille Îles et de la rivière L'Assomption.

Le cours d'eau touche trois régions administratives :

  • Montréal, sur la rive sud ;
  • Laval, sur la rive nord ;
  • Lanaudière, à l'embouchure, du côté de Charlemagne et de Repentigny.

Le lit de la rivière est parsemé de nombreuses îles et d'îlots. Parmi les plus connus figurent l'île Bizard, l'île de la Visitation et les îles de l'archipel du Mitan, du côté de Laval. Le tracé alterne des secteurs calmes et des zones de rapides, dont le Sault-au-Récollet, au nord de Montréal.

Toponymie

Le nom « rivière des Prairies » est attesté chez Samuel de Champlain en 1615. La Commission de toponymie du Québec rapporte deux explications historiques de son origine.

  • Description du paysage : le nom évoquerait les îles et les prairies naturelles qui bordaient alors ce secteur de l'archipel.
  • Nom de personne : le nom rappellerait un homme surnommé Des Prairies, associé à ce cours d'eau dans les premiers récits français.

La Commission mentionne aussi la variante traditionnelle abénakise Pamskodategw, qui signifie « rivière de la prairie ».

Le nom du cours d'eau se retrouve dans plusieurs désignations de l'est de Montréal. C'est le cas du quartier de Rivière-des-Prairies et de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. Il désigne aussi la centrale hydroélectrique aménagée sur la rivière.

Le toponyme est également porté par d'autres cours d'eau du Québec, notamment des affluents de la rivière Vermillon et de la rivière au Serpent. Ces homonymes sont sans lien avec le bras fluvial montréalais.

Histoire

La rivière des Prairies a joué un rôle dans la circulation des peuples autochtones et des voyageurs dans l'archipel montréalais. Elle offrait une voie de rechange au passage par le sud de l'île de Montréal. Ses rapides rendaient toutefois la navigation difficile.

Le secteur du Sault-au-Récollet tient son nom d'un épisode du début de la Nouvelle-France. En 1625, le missionnaire récollet Nicolas Viel s'est noyé dans ces rapides, de même que son compagnon autochtone Ahuntsic. Ce dernier a donné son nom au quartier montréalais d'Ahuntsic.

Sous le Régime français, puis au cours des siècles suivants, le courant a servi de force motrice. Des moulins ont été construits sur ses rives, notamment au Sault-au-Récollet. Les vestiges du complexe de moulins de l'île de la Visitation témoignent de cette activité préindustrielle.

Au XXe siècle, l'urbanisation des deux rives a transformé le paysage riverain. Plusieurs ponts routiers ont relié progressivement l'île de Montréal à l'île Jésus, puis à la rive nord. Ces liens ont contribué à l'essor de Laval et des quartiers nord de Montréal.

Aménagement hydroélectrique

Le débit soutenu de la rivière a conduit à l'aménagement d'une centrale hydroélectrique au droit du Sault-au-Récollet. Il s'agit de la centrale de la Rivière-des-Prairies, mise en service à la fin des années 1920 par une entreprise privée. Elle a ensuite été intégrée au réseau d'Hydro-Québec.

L'ouvrage comprend un barrage qui régularise une partie de l'écoulement entre les deux îles. Il a modifié le régime des rapides en amont et en aval. La centrale demeure l'une des installations de production situées en plein territoire urbain montréalais.

La présence de l'ouvrage influence aussi la circulation des poissons. Elle intervient également dans la gestion des niveaux d'eau lors des crues printanières.

Écologie

Bien qu'elle traverse l'une des zones les plus densément peuplées du Québec, la rivière des Prairies conserve des milieux naturels d'intérêt. Le Conseil régional de l'environnement de Laval signale toutefois des berges artificialisées par endroits. Ces aménagements résultent de l'urbanisation et des ouvrages de protection.

Les secteurs de courant, en particulier en aval de la centrale, offrent des habitats de frai pour plusieurs espèces de poissons. Les îles et les rives boisées servent d'abri à la faune aviaire et aquatique.

Plusieurs milieux font l'objet d'une protection :

  • archipel du Mitan, du côté de Laval, reconnu comme réserve naturelle municipale ;
  • parc-nature de l'Île-de-la-Visitation, à Montréal, qui réunit milieux naturels et patrimoine bâti ;
  • autres parcs riverains intégrés au réseau des grands parcs de Montréal et aux parcs de la rivière des Mille-Îles et de Laval.

Des organismes de la société civile, dont la Fondation Rivières, mènent des projets de suivi de la qualité de l'eau et de sensibilisation. Ils portent notamment sur les rejets d'eaux usées en période de fortes pluies.

Crues et inondations

Le régime de la rivière des Prairies dépend en grande partie des apports de la rivière des Outaouais et du lac des Deux Montagnes. Lors des crues printanières, les niveaux peuvent monter rapidement et toucher les secteurs riverains bas des deux rives.

Les épisodes de 2017 et de 2019 ont particulièrement marqué plusieurs secteurs. Des quartiers de Pierrefonds-Roxboro, de L'Île-Bizard–Sainte-Geneviève et d'Ahuntsic-Cartierville ont été touchés, de même que certains secteurs de Laval. Des évacuations et des travaux de protection temporaires ont été nécessaires.

Le Centre d'expertise hydrique du Québec a produit une étude technique sur la révision des cotes de crues de la rivière. Cette étude établit les niveaux de récurrence et alimente la cartographie des zones inondables. Ces travaux ont été versés dans la démarche de la Communauté métropolitaine de Montréal sur la gestion des risques d'inondation.

Les limites réglementaires des zones inondables relèvent du cadre gouvernemental et municipal en vigueur. Elles font l'objet de révisions périodiques.

Occupation du territoire

La rivière des Prairies est bordée presque entièrement de milieux urbanisés.

Sur la rive montréalaise, elle longe plusieurs arrondissements :

  • L'Île-Bizard–Sainte-Geneviève ;
  • Pierrefonds-Roxboro ;
  • Ahuntsic-Cartierville ;
  • Montréal-Nord ;
  • Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

Sur la rive nord, elle borde tout le sud de l'île Jésus, sur le territoire de Laval. Près de l'embouchure, elle touche aussi Charlemagne et Repentigny, dans Lanaudière. Le Centre d'expertise hydrique du Québec inclut également Terrebonne parmi les municipalités riveraines du secteur.

De nombreux ponts franchissent la rivière, dont le pont Viau, le pont Pie-IX, le pont Papineau-Leblanc, le pont Lachapelle et le pont Louis-Bisson. La plupart sont routiers ou autoroutiers, et certains servent au transport collectif. À l'embouchure, le pont Charles-De Gaulle relie Montréal à la rive nord. Le métro de Montréal franchit aussi la rivière en tunnel pour desservir Laval.

Les rives accueillent des parcs, des sentiers et des accès à l'eau utilisés pour la promenade, le canot, le kayak et la pêche. Certains secteurs de rapides attirent aussi les pratiquants de sports d'eau vive.

Sources

  1. Commission de toponymie du Québec, « Rivière des Prairies »
  2. Conseil régional de l'environnement de Laval, « Rivière des Prairies »
  3. Conseil régional de l'environnement de Laval, « Des Prairies River »
  4. Ville de Montréal, Mémoires des Montréalais, « La rivière des Prairies au cœur de l'histoire montréalaise »
  5. Communauté métropolitaine de Montréal, « Révision des cotes de crues — Rivière des Prairies » (Centre d'expertise hydrique du Québec)
  6. Fondation Rivières, « Adoptez une rivière — Rivière des Prairies »
  7. Wikipédia, « Rivière des Prairies »
  8. Wikipedia, « Rivière des Prairies »
  9. Savoirs.Québec, registre éditorial, « Rivière des Prairies »
  10. Hydro-Québec, centrale de la Rivière-des-Prairies

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Rivière des Prairies (rivière Vermillon) — Wikipédia
  2. Rivière des Prairies (rivière au Serpent) — Wikipédia

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

Mots-clés : rivière des prairies, île de montréal, île jésus, laval, lac des deux montagnes, sault-au-récollet, hydrographie, zones inondables, archipel d'hochelaga

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