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Géographie

Rivière George

La rivière George est un cours d'eau du Nunavik, dans la région administrative du Nord-du-Québec. Longue d'environ 560 km, elle prend sa source dans le secteur du lac Jannière, près de la frontière du Labrador, et coule vers le nord jusqu'à la partie orientale de la baie d'Ungava. Elle porte des noms en inuktitut, en innu-aimun et en naskapi. Son bassin est associé au troupeau de caribous migrateurs qui porte son nom.

George map
Carte : George map. P199 (Public domain) Wikimedia Commons
Riviere George carte
Carte : Riviere George carte. George_map.png: P199 derivative work: Piotron (talk) (Public domain) Wikimedia Commons

Toponymie

Le nom officiel « Rivière George » a été officialisé par la Commission de toponymie du Québec le 5 décembre 1968. Selon la Commission, il remonte à 1811, année où deux missionnaires moraves, Benjamin Gottlieb Kohlmeister et George Kmoch, ont exploré la côte de l'Ungava depuis le Labrador. Ils auraient désigné la rivière en l'honneur du roi George III du Royaume-Uni.

La rivière possède plusieurs noms autochtones recensés par la Commission de toponymie :

LangueNomSens indiqué
InuktitutKangirsualujjuap Kuungarivière de Kangiqsualujjuaq
Innu-aimunMushuau Shipu« rivière sans arbre »
NaskapiMusuwaaw Siipiiy« rivière de la toundra »

Les noms innu et naskapi évoquent les étendues dénudées que traverse une partie de son cours. Le nom inuktitut la rattache au village de Kangiqsualujjuaq, établi près de son embouchure.

Il ne faut pas confondre le cours d'eau avec la zone de cisaillement de la Rivière George, une entité géologique distincte qui porte le même nom.

Géographie

La rivière George draine une partie de l'est de la péninsule d'Ungava, dans le Nord-du-Québec. Elle naît dans le secteur du lac Jannière, à proximité de la ligne de partage des eaux qui sépare le Québec du Labrador. De là, elle coule globalement vers le nord, parallèlement à la frontière, sur environ 560 km.

Son cours comprend plusieurs élargissements lacustres, dont le lac de la Hutte Sauvage. Ses principaux tributaires sont :

  • la rivière De Pas ;
  • la rivière Dumans ;
  • la rivière Falcoz.

La rivière se jette dans la partie orientale de la baie d'Ungava. Selon la Commission de toponymie, son embouchure se situe entre le cap Naujaat et la pointe Elson. La partie inférieure de son cours forme un large estuaire soumis aux fortes marées de la baie d'Ungava. Le village nordique de Kangiqsualujjuaq est établi près de l'embouchure.

Sur le plan administratif, la rivière traverse le territoire non organisé de Rivière-Koksoak. Ce territoire fait partie du territoire de l'Administration régionale Kativik, au Nunavik.

Géologie

Le bassin de la rivière George repose sur le socle précambrien du Bouclier canadien. Il se trouve dans le sud-est de la province géologique de Churchill. Le relief est celui d'un plateau façonné par les glaciations du Quaternaire. On y observe de nombreux lacs, des dépôts glaciaires et un réseau hydrographique souvent guidé par les structures du socle.

Le lexique structural de Géologie Québec décrit une entité nommée « zone de cisaillement de la Rivière George ». Il s'agit d'une structure régionale de roches cisaillées d'environ 435 km de longueur. Cette entité géologique se distingue du cours d'eau, même si elle en emprunte le nom.

L'histoire glaciaire de la région a fortement modelé la vallée. Elle explique en partie la succession d'élargissements lacustres et de sections plus rapides le long du cours principal.

Climat et milieu naturel

La rivière George coule sous un climat subarctique. Les hivers y sont longs et rigoureux, et les étés sont courts et frais. La rivière reste couverte de glace pendant une grande partie de l'année.

Du sud vers le nord, le paysage passe progressivement de la taïga, une forêt boréale clairsemée dominée par l'épinette noire, à la toundra arbustive. Celle-ci domine près de la baie d'Ungava. Les noms innu et naskapi de la rivière, qui renvoient à l'absence d'arbres et à la toundra, reflètent ce caractère ouvert d'une partie du territoire.

La rivière abrite des populations de poissons migrateurs, notamment le saumon atlantique et l'omble chevalier. Ces espèces sont importantes pour la pêche de subsistance des communautés locales et pour la pêche sportive pratiquée dans des pourvoiries.

Le bassin est surtout connu pour son rôle dans le cycle annuel du caribou migrateur. Les hardes y traversent la rivière lors de leurs déplacements saisonniers entre les aires d'hivernage et les aires de mise bas.

Le caribou de la rivière George

La rivière a donné son nom au troupeau de caribous migrateurs de la rivière George (Rangifer tarandus). Ce troupeau fréquente l'est du Nunavik et le Labrador. Il a longtemps compté parmi les plus grands troupeaux de caribous au monde. Ses migrations saisonnières, qui comprennent des traversées massives de la rivière, ont été abondamment décrites au XXe siècle.

L'effectif du troupeau a atteint plusieurs centaines de milliers de bêtes vers la fin des années 1980 et le début des années 1990. Il a ensuite connu un déclin marqué au cours des décennies suivantes. Ce déclin a conduit les gouvernements du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador à restreindre fortement la chasse.

Le caribou occupe une place centrale dans la culture et l'alimentation des Inuit, des Innus et des Naskapis. Le lac de la Hutte Sauvage, appelé Mushuau-nipi en innu-aimun, est un lieu traditionnel de rassemblement et de chasse au caribou. Il est reconnu pour sa valeur archéologique et culturelle.

Occupation humaine et histoire

La vallée de la rivière George est fréquentée depuis des millénaires par des peuples autochtones. Les Inuit occupent la côte et l'estuaire, au bord de la baie d'Ungava. Les Innus et les Naskapis parcourent l'intérieur des terres en suivant notamment les déplacements du caribou. La présence de noms dans trois langues autochtones témoigne de ces usages partagés du territoire.

Le voyage des missionnaires moraves Benjamin Gottlieb Kohlmeister et George Kmoch, en 1811, marque l'une des premières mentions européennes de la rivière. Au XIXe siècle et au XXe siècle, la traite des fourrures et l'activité missionnaire ont attiré des intervenants extérieurs dans la région de l'Ungava.

Aujourd'hui, la communauté de Kangiqsualujjuaq, près de l'embouchure, est le principal établissement humain associé à la rivière. Le reste du bassin, situé dans le territoire non organisé de Rivière-Koksoak, n'a pas de population permanente. Il est fréquenté pour la chasse, la pêche, le piégeage et le tourisme d'aventure, dont la descente en canot.

Sources

  1. Commission de toponymie du Québec, Rivière George
  2. Commission de toponymie du Québec, Mushuau Shipu
  3. Commission de toponymie du Québec, Musuwaaw Siipiiy
  4. Géologie Québec, Zone de cisaillement de la Rivière George
  5. Ministère de l'Environnement du Québec, Les provinces naturelles : première fenêtre sur l'écologie du Québec
  6. Encyclopædia Britannica, George River
  7. Wikipédia, Rivière George
  8. Savoirs.Québec, registre éditorial
  9. Connaissances établies sur le troupeau de caribous de la rivière George

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Rivière George
  2. George River
  3. George River (Quebec) - Wikipedia

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

Mots-clés : rivière george, nunavik, baie d'ungava, kangiqsualujjuaq, caribou migrateur, mushuau shipu, toponymie, nord-du-québec

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