Toponymie
Le nom Nottaway a été officialisé par la Commission de toponymie du Québec le 5 décembre 1968. Selon la Commission, il se rattache au mot algonquin nadowe, employé pour désigner des ennemis, en particulier les Iroquois.
Cette signification se reflète dans la cartographie ancienne : des cartes des XVIIe et XVIIIe siècles portent la forme « Rivière des Iroquois » pour désigner le cours d'eau.
La Commission recense également une variante crie, Naatuwew-siipii, dont le sens donné est « rivière Haudenosaunie ». Le terme siipii signifie « rivière » en cri. Ces dénominations témoignent de la présence ancienne des peuples algonquiens dans la région et de la mémoire des conflits qui les ont opposés aux nations iroquoiennes au cours de la période coloniale.
Le nom Nottaway désigne, au sens strict, le cours inférieur d'un réseau hydrographique plus vaste. Les tronçons situés en amont du lac Matagami portent d'autres noms, ce qui explique la coexistence de deux longueurs dans les ouvrages de référence : celle de la rivière proprement dite et celle de l'ensemble du système fluvial.
Cours
La rivière Nottaway prend naissance à l'émissaire du lac Matagami, dans le sud de la Jamésie, non loin de la ville de Matagami. Elle coule ensuite vers le nord-ouest sur environ 225 km avant de se jeter dans la baie de Rupert, une échancrure située à l'extrémité sud-est de la baie James.
Sur son parcours, la rivière traverse plusieurs nappes d'eau, notamment :
- le lac Soscumica ;
- le lac Dusaux.
Elle reçoit plusieurs affluents, dont la rivière Kitchigama.
En amont du lac Matagami, le réseau qui alimente la Nottaway prend sa source au lac Mégiscane, dans le haut bassin, d'où les eaux s'écoulent vers le nord par la rivière Bell. En incluant cette partie amont, la longueur totale du système hydrographique atteint environ 776 km, ce qui en fait l'un des principaux cours d'eau du versant québécois de la baie James.
L'embouchure de la Nottaway se trouve à l'ouest de celles des rivières Broadback et de Rupert, qui se déversent elles aussi dans la baie de Rupert. Ces trois rivières constituent un ensemble fluvial voisin, souvent étudié et désigné conjointement.
Bassin versant
Le bassin versant de la rivière Nottaway couvre environ 65 800 km², selon une étude scientifique consacrée aux bassins de la région. Il s'étend du sud de la Jamésie jusqu'aux confins de l'Abitibi, et englobe le lac Matagami ainsi que l'ensemble des cours d'eau qui l'alimentent.
| Caractéristique | Valeur approximative |
|---|---|
| Longueur (depuis le lac Matagami) | 225 km |
| Longueur (système complet, depuis le lac Mégiscane) | 776 km |
| Superficie du bassin versant | 65 800 km² |
| Exutoire | Baie de Rupert (baie James) |
Le bassin appartient au grand ensemble hydrographique de la baie James, dont les rivières s'écoulent globalement d'est en ouest ou du sud-est vers le nord-ouest. Le territoire drainé se situe sur le Bouclier canadien et se caractérise par un relief peu accidenté, une forte densité de lacs et de milieux humides, ainsi qu'une couverture de forêt boréale.
Le réseau hydrographique compte de nombreux tributaires de tailles diverses. Le ministère de l'Environnement du Québec diffuse des données sur les cours d'eau de la province dans son Atlas de l'eau.
Géomorphologie et dynamique fluviale
Le cours inférieur de la rivière Nottaway traverse des terrains formés de dépôts meubles mis en place à la suite de la dernière glaciation, dans la région des basses terres de la baie James. Ces sédiments fins se révèlent sensibles à l'érosion.
Une étude de Diane Saint-Laurent et Lynda Guimont, publiée en 1999 dans la revue Géographie physique et Quaternaire, porte sur la dynamique fluviale et l'évolution des berges dans les cours inférieurs des rivières Nottaway, Broadback et de Rupert. Les auteures relèvent notamment :
- l'importance de l'érosion des berges le long des tronçons inférieurs ;
- le transport de sédiments vers la baie de Rupert.
Ces travaux s'inscrivent dans un contexte où la connaissance du comportement naturel de ces rivières présentait un intérêt particulier, compte tenu des projets d'aménagement hydroélectrique étudiés dans la région.
La géologie du bassin a également fait l'objet de relevés cartographiques anciens. Bibliothèque et Archives Canada conserve une carte géologique du bassin de la rivière Nottaway, dans le nord-ouest du Québec.
Occupation du territoire
La rivière Nottaway coule sur le territoire de la région administrative du Nord-du-Québec, dans la portion désignée comme Eeyou Istchee Baie-James. Ce territoire est régi notamment par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, signée en 1975, qui encadre les droits des Cris sur les terres et les ressources de la région.
Le bassin de la Nottaway fait partie du territoire traditionnel des Cris (Eeyouch), qui y pratiquent depuis des siècles la chasse, la pêche et le piégeage. La baie de Rupert, où se jette la rivière, est bordée par la communauté crie de Waskaganish, établie à l'embouchure de la rivière de Rupert. La toponymie crie du cours d'eau, Naatuwew-siipii, témoigne de cette fréquentation ancienne.
À l'extrémité amont de la rivière, la ville de Matagami, établie sur les rives du lac du même nom, constitue le principal établissement non autochtone à proximité. Elle s'est développée à partir de l'exploitation minière et sert de point de départ à la route de la Baie-James, qui donne accès au nord de la Jamésie.
Le reste du parcours de la rivière traverse un territoire très peu peuplé, essentiellement forestier.
Projets hydroélectriques
En raison de son débit et de sa proximité avec les rivières Broadback et de Rupert, la rivière Nottaway a été visée par des projets d'aménagement hydroélectrique. Hydro-Québec a étudié, à partir des années 1970, un vaste complexe désigné sous le nom de projet Nottaway-Broadback-Rupert (NBR), qui prévoyait l'aménagement conjoint des trois rivières.
Ce projet n'a pas été réalisé. L'entente conclue en 2002 entre le gouvernement du Québec et les Cris, connue sous le nom de « Paix des Braves », a écarté le projet NBR. Elle a ouvert la voie à une dérivation partielle de la rivière de Rupert vers le complexe La Grande, réalisée dans le cadre du projet Eastmain-1-A–Sarcelle–Rupert.
La rivière Nottaway demeure ainsi l'un des grands cours d'eau de la baie James qui ne fait pas l'objet d'un aménagement hydroélectrique d'envergure.

