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Géographie

Rivière Rupert

La rivière Rupert est un grand cours d'eau du Nord-du-Québec qui s'écoule vers l'ouest depuis le lac Mistassini jusqu'à la baie de Rupert, au sud-est de la baie James. Elle traverse le territoire d'Eeyou Istchee Baie-James et se jette près du village cri de Waskaganish. Son nom rappelle le prince Rupert, premier gouverneur de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Depuis le 7 novembre 2009, une partie importante de son débit est dérivée vers le complexe hydroélectrique La Grande dans le cadre du projet de l'Eastmain-1-A–Sarcelle–Rupert.

The Rupert River Brigade
Photographie historique : The Rupert River Brigade. J.W. Anderson (Public domain) Wikimedia Commons
Bridge over the Rupert River
Photographie : Bridge over the Rupert River. Fenerty at English Wikipedia (CC BY-SA 3.0) Wikimedia Commons

Toponymie

La rivière porte le nom de Robert de Bavière, dit le prince Rupert, cousin du roi Charles II d'Angleterre et premier gouverneur de la Compagnie de la Baie d'Hudson, fondée en 1670. Selon la Commission de toponymie du Québec, l'histoire du nom est étroitement liée à l'établissement de postes de traite à l'embouchure du cours d'eau, notamment celui de Rupert House, situé près de l'actuel village cri de Waskaganish.

Le nom désigne à la fois la rivière et la baie dans laquelle elle se déverse, la baie de Rupert, échancrure du littoral sud-est de la baie James. Il s'inscrit dans un ensemble toponymique plus vaste, puisque le territoire concédé à la Compagnie de la Baie d'Hudson par la charte royale de 1670 était lui-même désigné sous le nom de Terre de Rupert.

Le toponyme est officialisé par la Commission de toponymie du Québec, qui en tient la fiche descriptive. Les communautés cries de la région utilisent par ailleurs leurs propres désignations pour les lieux du bassin, dont plusieurs figurent dans la toponymie autochtone du territoire d'Eeyou Istchee.

Géographie

La rivière Rupert coule dans la région administrative du Nord-du-Québec, sur le territoire du Gouvernement régional d'Eeyou Istchee Baie-James. La Commission de toponymie du Québec désigne le lac Mistassini, le plus grand lac naturel du Québec, comme sa source principale.

Cours

À sa sortie du lac Mistassini, la rivière s'oriente vers l'ouest et traverse une succession de grands plans d'eau, dont le lac Mesgouez et le lac Nemiscau, entrecoupés de rapides et de chutes caractéristiques des cours d'eau du Bouclier canadien. Elle atteint la baie de Rupert près de Waskaganish, à l'entrée de cette baie qui s'ouvre sur la baie James.

Longueur

Les mesures publiées de la longueur de la rivière diffèrent selon la méthode retenue :

OrganismeLongueur indiquée
Commission de toponymie du Québec483 km
Hydro-Québecenviron 560 km

Ces écarts tiennent notamment au point de départ retenu pour le cours d'eau et à la prise en compte ou non des lacs traversés.

Baie de Rupert

La baie de Rupert reçoit, outre la rivière Rupert, les eaux de plusieurs autres grands cours d'eau de la région, dont les rivières Nottaway, Broadback et Pontax. Cette convergence en fait un milieu estuarien important du sud de la baie James.

Hydrologie et dynamique fluviale

La rivière Rupert compte parmi les principaux tributaires québécois de la baie James. Son régime est de type nival, marqué par une crue printanière liée à la fonte des neiges et par des débits plus faibles en hiver, période où le cours d'eau est en grande partie couvert de glace.

Les grands lacs traversés par la rivière, en particulier le lac Mistassini, jouent un rôle régulateur sur son débit naturel. En aval, de nombreux tributaires accroissent progressivement les apports jusqu'à l'embouchure.

Le cours inférieur de la rivière, ainsi que celui des rivières Nottaway et Broadback, a fait l'objet d'une étude de Saint-Laurent et Guimont publiée en 1999 dans la revue Géographie physique et Quaternaire. Ces travaux décrivent les processus d'érosion des berges, la dynamique fluviale et le transport des sédiments vers la baie de Rupert dans les basses terres de la baie James, où les dépôts meubles d'origine marine et glaciaire rendent les rives sensibles à l'érosion. Les mesures et estimations de cette étude portent sur l'ensemble des cours d'eau étudiés et ne constituent pas des données propres à la seule rivière Rupert.

Histoire

Le bassin de la rivière Rupert est fréquenté depuis des millénaires par les Cris (Eeyouch), qui utilisent la rivière et ses lacs comme voies de circulation, territoires de chasse, de pêche et de piégeage. Le cours d'eau relie notamment la région du lac Mistassini à la côte de la baie James.

Au XVIIe siècle, l'embouchure de la rivière devient l'un des premiers lieux de la traite des fourrures anglaise dans la baie d'Hudson. L'expédition du Nonsuch, organisée à l'instigation de Médard Chouart Des Groseilliers, y hiverne en 1668-1669 et y établit un poste, le fort Charles. Le succès de cette expédition conduit à la création de la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1670.

Le poste, connu par la suite sous le nom de Rupert House, demeure pendant plus de trois siècles un centre de traite et un lieu de rassemblement saisonnier pour les familles cries. Le village qui s'est développé à cet endroit porte aujourd'hui le nom cri de Waskaganish.

Au XXe siècle, la rivière acquiert une notoriété auprès des adeptes du canot-camping en raison de ses nombreux rapides. Elle entre ensuite dans les plans de développement hydroélectrique du territoire de la Baie-James, qui aboutissent à la dérivation partielle de son débit au début du XXIe siècle.

Dérivation hydroélectrique

Une partie du débit de la rivière Rupert est détournée vers le nord dans le cadre du projet de l'Eastmain-1-A–Sarcelle–Rupert d'Hydro-Québec. Ce projet, rendu possible par l'entente conclue en 2002 entre le gouvernement du Québec et les Cris, connue sous le nom de Paix des Braves, vise à accroître la production des centrales existantes du complexe La Grande.

Ouvrages

Selon Hydro-Québec, les principaux ouvrages comprennent :

  • un barrage situé à 314 km de l'embouchure de la rivière ;
  • plusieurs digues ;
  • deux biefs de dérivation acheminant l'eau vers le réservoir de l'Eastmain 1.

Les eaux dérivées transitent ensuite par les centrales de l'Eastmain-1-A et de la Sarcelle avant de rejoindre le bassin de la rivière La Grande, où elles sont turbinées par les centrales en aval.

Mise en service et débits

La dérivation a été mise en service le 7 novembre 2009. Hydro-Québec indique qu'elle détourne en moyenne 452 m³/s, soit environ 52 % des apports du bassin versant de la rivière. Au barrage, environ 71 % de l'eau est dirigée vers le nord et 29 % poursuit le cours naturel de la rivière. En aval, les apports des tributaires contribuent à rétablir une partie du débit jusqu'à l'embouchure.

Des ouvrages hydrauliques ont été aménagés sur le tronçon en aval afin de maintenir les niveaux d'eau, et un régime de débits réservés a été établi pour atténuer les effets de la dérivation sur le milieu naturel et sur les usages cris.

Occupation du territoire

La rivière Rupert traverse le territoire d'Eeyou Istchee, terre ancestrale des Cris de la baie James, régi notamment par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois de 1975. L'administration régionale relève du Gouvernement régional d'Eeyou Istchee Baie-James, instance créée en 2012 qui associe les Cris et les résidents jamésiens.

Le principal établissement riverain est Waskaganish, situé à l'embouchure, près de l'emplacement de l'ancien poste de Rupert House. La communauté crie de Nemaska se trouve également dans le bassin de la rivière, dans la région du lac Nemiscau. En amont, la région du lac Mistassini est associée à la communauté crie de Mistissini.

Le territoire est peu peuplé et couvert principalement de forêt boréale et de taïga, de tourbières et de lacs. Les activités traditionnelles cries, comme la chasse, la pêche et le piégeage, y demeurent importantes. La route du Nord et les infrastructures liées au complexe hydroélectrique donnent accès à certaines parties du bassin, tandis que d'autres tronçons ne sont accessibles que par voie d'eau ou par avion.

Sources

  1. Commission de toponymie du Québec, « Rivière Rupert »
  2. Commission de toponymie du Québec, « Lac Mistassini »
  3. Hydro-Québec, « Dérivation de la rivière Rupert »
  4. Hydro-Québec, « Découvrir le projet Eastmain-Sarcelle-Rupert »
  5. Hydro-Québec, « Le projet de l'Eastmain-1-A–Sarcelle–Rupert », bulletin, mai 2011
  6. Saint-Laurent et Guimont, « Dynamique fluviale et évolution des berges du cours inférieur des rivières Nottaway, Broadback et de Rupert », Géographie physique et Quaternaire, vol. 53, no 3, 1999
  7. Britannica, « Rupert River »
  8. Rivière Rupert (08-10-00-00) – du lac Mesgouez à la baie de Rupert, guide de canotage, 2007
  9. Ressources naturelles Canada, Atlas du Canada, cartes de référence
  10. Savoirs.Québec, registre éditorial « Rivière Rupert »

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Érudit, « Dynamique fluviale et évolution des berges du cours inférieur des rivières Nottaway, Broadback et de Rupert »
  2. Hydro-Québec, « Rupert diversion »
  3. Rivière Rupert — Wikipédia
  4. Rivière Rupert - Voyage à travers le Québec
  5. Rupert (rivière) - La La Mémoire du Québec
  6. Rupert River - Wikipedia
  7. Río Rupert - Wikipedia, la enciclopedia libre
  8. Discover - Eastmain–Sarcelle–Rupert Complex

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

Mots-clés : rivière rupert, nord-du-québec, baie james, eeyou istchee, waskaganish, lac mistassini, hydro-québec, dérivation, cris

Processus éditorial

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