Toponymie
Le nom Côte-du-Sud est un régionyme, c'est-à-dire un nom de région qui ne correspond pas à une entité administrative. Il est généralement interprété en référence au rivage de la rive sud du Saint-Laurent, par opposition à la côte de Beaupré et aux paroisses de la rive nord, situées en face.
Selon la Commission de toponymie du Québec, l'expression était déjà en usage peu après 1663. Elle s'appliquait alors aux paroisses qui se sont succédé le long du fleuve entre Beaumont et la rivière du Loup. Tombé en partie en désuétude, le nom est revenu dans l'usage courant à partir des années 1960, porté notamment par les milieux historiques, culturels et touristiques.
Le régionyme a par la suite été repris par divers organismes, institutions et entreprises de la région, ainsi que par une circonscription électorale provinciale.
Délimitation et cadre administratif
Les limites de la Côte-du-Sud varient selon l'usage. La Commission de toponymie du Québec distingue plusieurs acceptions :
- une délimitation géographique allant de Beaumont à Saint-André-de-Kamouraska, qui inclut l'arrière-pays montagneux ;
- un circuit touristique de la Chaudière-Appalaches qui se termine à Saint-Roch-des-Aulnaies, à la limite de cette région ;
- des usages promotionnels qui prolongent la Côte-du-Sud jusqu'à Kamouraska.
La Côte-du-Sud n'est pas une région administrative. Son territoire historique est partagé entre deux régions administratives du Québec :
| Région administrative | MRC concernées |
|---|---|
| Chaudière-Appalaches (12) | Bellechasse, Montmagny, L'Islet |
| Bas-Saint-Laurent (01) | Kamouraska |
Cette répartition fait en sorte que la région historique ne dispose d'aucune instance politique propre ; la planification du territoire relève des MRC et des municipalités qui la composent, dans le cadre établi par le ministère des Affaires municipales et de l'Habitation.
Géographie physique
L'historien Jacques Saint-Pierre décrit la Côte-du-Sud comme un territoire d'environ 200 km de longueur, compris entre le fleuve Saint-Laurent et les forêts du Maine.
Le relief s'organise en bandes grossièrement parallèles au fleuve :
- un littoral de basses terres et de terrasses, bordé de battures et de marais à marée caractéristiques de l'estuaire moyen du Saint-Laurent ;
- des îles du Saint-Laurent, dont l'archipel de L'Isle-aux-Grues et la Grosse Île, en face de Montmagny ;
- un piémont où s'étendent les terres agricoles de l'intérieur ;
- les hauteurs appalachiennes de l'arrière-pays, boisées, qui se prolongent jusqu'à la frontière des États-Unis.
Plusieurs cours d'eau descendent des Appalaches vers l'estuaire, parmi lesquels la rivière du Sud, qui se jette dans le fleuve à Montmagny, et la rivière Ouelle, plus à l'est. Ces rivières ont longtemps servi de voies de pénétration vers l'intérieur et de source d'énergie pour les moulins.
La largeur de l'estuaire et la présence d'eau saumâtre à l'est du territoire ont favorisé certaines pêches traditionnelles, notamment celle de l'anguille, pratiquée à l'aide de pêches fixes installées sur les battures.
Histoire et peuplement
Sous le Régime français, la Côte-du-Sud est découpée en seigneuries riveraines concédées au XVIIe siècle. Le peuplement s'y concentre d'abord le long du fleuve, seule voie de communication pratique, et prend la forme d'un chapelet de paroisses rurales établies sur des terres étroites perpendiculaires au rivage.
Pendant la guerre de la Conquête, en 1759, des troupes britanniques incendient de nombreuses habitations des paroisses de la rive sud en aval de Québec, épisode qui marque durablement la mémoire régionale.
Après la Conquête, l'occupation s'étend progressivement vers les basses terres de l'intérieur, puis vers les premiers contreforts appalachiens. À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, le chemin de fer et le développement du réseau routier favorisent l'ouverture de localités dans l'arrière-pays, à vocation agricole et forestière.
Au cours de la même période, la Grosse Île, en face de Montmagny, accueille une station de quarantaine destinée aux immigrants arrivant par le Saint-Laurent, active de 1832 à 1937.
Économie et occupation du territoire
L'économie de la Côte-du-Sud a traditionnellement reposé sur trois activités :
- l'agriculture, pratiquée sur les terrasses littorales et le piémont ;
- la pêche, en particulier les pêches fixes à l'anguille sur les battures de l'estuaire ;
- l'exploitation forestière, concentrée dans l'arrière-pays appalachien.
L'occupation du territoire demeure marquée par l'opposition entre une frange riveraine anciennement peuplée, où se succèdent les villages et les petites villes comme Montmagny, L'Islet, Saint-Jean-Port-Joli et La Pocatière, et un arrière-pays plus tardivement colonisé et moins densément habité.
La région compte aussi une tradition d'enseignement agricole et classique, illustrée notamment par les établissements de La Pocatière. Le tourisme culturel et patrimonial, appuyé sur les paysages du fleuve et sur le patrimoine bâti des vieilles paroisses, occupe une place notable dans la promotion de la région, comme en témoigne l'emploi du nom dans les circuits touristiques de la Chaudière-Appalaches.
Patrimoine et culture
La Côte-du-Sud conserve un patrimoine bâti issu des paroisses anciennes : églises, presbytères, maisons rurales et manoirs seigneuriaux alignés le long du fleuve. Le domaine seigneurial de Saint-Roch-des-Aulnaies en constitue un exemple souvent cité.
La région occupe aussi une place dans l'histoire littéraire du Québec. Le secteur de Saint-Jean-Port-Joli, associé à l'écrivain Philippe Aubert de Gaspé, auteur des Anciens Canadiens, est décrit comme une terre de légendes dans les études consacrées au folklore régional. Saint-Jean-Port-Joli est par ailleurs reconnue pour sa tradition de sculpture sur bois.
La Grosse Île, ancienne station de quarantaine, est aujourd'hui un lieu commémoratif lié à l'histoire de l'immigration au Canada, en particulier irlandaise.
Les travaux de l'historien Jacques Saint-Pierre, publiés aux Presses de l'Université Laval, figurent parmi les synthèses de référence sur l'histoire régionale.
Représentation politique
Le nom de la région désigne également une circonscription électorale provinciale de l'Assemblée nationale du Québec. Les résultats des élections générales y sont les suivants, du plus récent au plus ancien.
Élection générale de 2026
Frédéric Poulin, du Parti conservateur du Québec, est élu avec 15 161 voix (42,34 %). Suivent Valérie Hamel (8 560 voix, 23,91 %), le député sortant Mathieu Rivest (6 076 voix, 16,97 %) et Nancy St-Pierre (3 967 voix, 11,08 %). On compte 35 805 votes valides pour 50 596 électeurs inscrits ; la participation atteint 71,73 %.
Élection générale du 3 octobre 2022
Mathieu Rivest, de la Coalition avenir Québec, est élu avec 16 116 voix (47,69 %), devant Frédéric Poulin (7 910 voix, 23,41 %). Participation : 68,46 %.
Élection générale du 1er octobre 2018
Marie-Eve Proulx, de la Coalition avenir Québec, est élue avec 17 595 voix (53,64 %). Participation : 66,83 %.
Élection générale du 7 avril 2014
Norbert Morin, du Parti libéral du Québec, est élu avec 17 348 voix (49,88 %). Participation : 69,58 %.
| Scrutin | Élu ou élue | Parti | Votes valides | Inscrits | Participation |
|---|---|---|---|---|---|
| 2026 | Frédéric Poulin | PCQ | 35 805 | 50 596 | 71,73 % |
| 2022 | Mathieu Rivest | CAQ | 33 792 | 50 010 | 68,46 % |
| 2018 | Marie-Eve Proulx | CAQ | 32 799 | 49 881 | 66,83 % |
| 2014 | Norbert Morin | PLQ | 34 777 | 50 550 | 69,58 % |
| 2012 | — | — | 25 352 | — | — |

