Contexte
La bataille s'inscrit dans la guerre de la Conquête, volet nord-américain de la guerre de Sept Ans, qui oppose la France et la Grande-Bretagne. Le 13 septembre 1759, les troupes britanniques du général James Wolfe défont l'armée du marquis de Montcalm sur les plaines d'Abraham. Les deux commandants y sont mortellement blessés. Québec capitule quelques jours plus tard, le 18 septembre 1759.
Le brigadier James Murray prend alors le commandement de la garnison britannique laissée dans la ville. L'hiver 1759-1760 est éprouvant pour ces troupes : le froid, le manque de vivres frais et le scorbut déciment leurs rangs.
Du côté français, François-Gaston de Lévis, dit le chevalier de Lévis, succède à Montcalm à la tête des troupes. Il regroupe ses forces dans la région de Montréal, qui reste sous l'autorité du gouverneur général Pierre de Rigaud de Vaudreuil. Il y prépare une contre-offensive pour reprendre Québec avant l'arrivée des renforts britanniques par le fleuve au printemps.
Campagne de Lévis
Au printemps 1760, Lévis réunit une armée composite :
- des bataillons des troupes de terre venues de France ;
- des compagnies franches de la Marine ;
- des miliciens canadiens ;
- des guerriers autochtones alliés.
Les effectifs couramment avancés sont de l'ordre de 7 000 hommes. L'armée descend le Saint-Laurent depuis la région de Montréal à la fonte des glaces, puis débarque en amont de Québec. Elle progresse ensuite vers la ville par la rive nord.
Lévis compte sur l'effet de surprise et sur l'affaiblissement de la garnison. Il mise aussi sur l'arrivée espérée d'une flotte de secours française. Averti de l'approche de l'ennemi, Murray choisit de ne pas attendre un siège derrière des fortifications jugées médiocres. Il sort de la ville à la tête d'environ 3 900 hommes, accompagnés d'une importante artillerie de campagne. Il veut affronter les Français sur les hauteurs situées à l'ouest de Québec, près des lieux du combat de l'automne précédent.
Déroulement
Le combat se livre le 28 avril 1760, le long du chemin Sainte-Foy, sur le plateau qui domine Québec à l'ouest. Le terrain est encore détrempé par le dégel et en partie couvert de neige.
Murray engage l'attaque alors que l'armée française n'a pas fini de se déployer. Les combats les plus acharnés se déroulent autour du moulin Dumont et de ses dépendances, qui changent de mains à plusieurs reprises. Les deux camps se disputent ces bâtiments, qui offrent un point d'appui sur le champ de bataille.
Les troupes françaises, les miliciens et leurs alliés autochtones finissent par déborder les ailes britanniques. Menacé d'encerclement, Murray ordonne la retraite vers la ville. Ses troupes abandonnent sur le terrain la plus grande partie de leur artillerie, enlisée dans la boue, ainsi que du matériel.
Les Britanniques se réfugient derrière les murs de Québec. Les Français demeurent maîtres du champ de bataille. Parcs Canada qualifie l'affrontement de victoire tactique française et autochtone.
Bilan
La bataille de Sainte-Foy est plus meurtrière que celle des plaines d'Abraham. Les bilans de pertes varient toutefois selon les références et les méthodes de décompte.
| Camp | Pertes (Répertoire du patrimoine culturel du Québec) |
|---|---|
| Britanniques | 1 104 |
| Français et alliés | 833 |
Sur le plan tactique, la victoire est nette : l'armée britannique est repoussée et perd son artillerie de campagne. Sur le plan stratégique, elle ne suffit pas à renverser le cours de la guerre. Murray conserve la ville, ses fortifications et une partie de ses canons de place. Le sort de Québec dépend désormais de la nationalité des premiers navires qui remonteront le Saint-Laurent.
Siège de Québec et suites
Après la bataille, Lévis entreprend le siège de Québec. Il fait creuser des tranchées et installer des batteries face aux remparts. Son artillerie de siège reste cependant insuffisante, et les munitions manquent.
Au mois de mai 1760, des navires de guerre britanniques arrivent devant Québec avant tout renfort venu de France. L'arrivée de ces navires britanniques avant les renforts français contraint Lévis à lever le siège et à se retirer vers Montréal.
Au cours de l'été, trois armées britanniques convergent vers Montréal. Le 8 septembre 1760, le gouverneur Vaudreuil signe la capitulation de Montréal, qui met fin à la résistance française dans la vallée du Saint-Laurent. Les troupes françaises se voient refuser les honneurs de la guerre. Lévis fait alors brûler les drapeaux de ses régiments plutôt que de les remettre au vainqueur.
La Nouvelle-France est cédée à la Grande-Bretagne par le traité de Paris, signé le 10 février 1763. La victoire de Sainte-Foy ne permet donc pas de reconquérir Québec et n'empêche pas la perte de la Nouvelle-France.
Mémoire et commémoration
La bataille occupe une place notable dans la mémoire collective canadienne-française. Au XIXe siècle, elle est volontiers présentée comme une revanche des plaines d'Abraham. On y célèbre la bravoure des combattants des deux camps.
Des ossements de soldats découverts sur le site sont réinhumés à l'emplacement du monument des Braves. Ce monument est inauguré en 1863 sur le chemin Sainte-Foy, à Québec. Une colonne surmontée d'une statue de Bellone, déesse romaine de la guerre, rend hommage aux soldats français et britanniques morts lors de l'affrontement. Le parc des Braves, aménagé autour du monument, en tire son nom.
En 2011, le gouvernement du Canada a désigné la bataille événement historique national, sur recommandation de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. La plaque commémorative de Parcs Canada est installée au parc des Braves, au 750, chemin Sainte-Foy, à Québec. La bataille figure aussi au Répertoire du patrimoine culturel du Québec.
Le nom de la bataille renvoie au chemin Sainte-Foy et à l'ancienne paroisse de Sainte-Foy. Le champ de bataille se trouve aujourd'hui dans les quartiers urbanisés de la haute-ville de Québec. Il ne correspond pas au territoire de l'ancienne ville de Sainte-Foy, fusionnée à Québec en 2002.

